<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.desecritures.be/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Des Ecritures</title>
	<link>https://desecritures.be/</link>
	<description>Ce site est de vocation culturelle centr&#233;e sur l'&#233;criture et sur toutes autres productions personnelles comme recherches historiques, mais aussi de publications de po&#233;sies, contes, fables, histoire de la langue fran&#231;aise, celle des chants en langue fran&#231;aise, philosophie, etc.
</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.desecritures.be/spip.php?id_rubrique=7&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Des Ecritures</title>
		<url>https://www.desecritures.be/IMG/logo/logodesecritures-1.jpg?1785657431</url>
		<link>https://desecritures.be/</link>
		<height>23</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>H&#233;siode, un ma&#238;tre de v&#233;rit&#233;</title>
		<link>https://www.desecritures.be/spip.php?article23</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.desecritures.be/spip.php?article23</guid>
		<dc:date>2015-12-19T15:30:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Weikmans</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le vers 10 des Travaux et des Jours annonce : &lt;br class='autobr' /&gt;
Moi, je vais &#224; Pers&#232;s faire entendre des v&#233;rit&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Longtemps, ces v&#233;rit&#233;s ont &#233;t&#233; occult&#233;es par la vision m&#234;me que l'on se faisait de l'ouvrage, vu comme un trait&#233; d'agriculture &#8212; une &#171; sagesse &#187; au mieux &#8212; &#233;crit par un po&#232;te campagnard, au style rugueux et au bon sens paysan. Mais que penser des &#171; conseils &#187; dispens&#233;s : il faut labourer en automne quand on entend le cri de la grue, faire les semailles tardives de printemps quand on entend (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.desecritures.be/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;Les fabulistes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=justify&gt;Le vers 10 des Travaux et des Jours annonce :
&lt;p&gt;Moi, je vais &#224; Pers&#232;s faire entendre des v&#233;rit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div align=justify&gt;Longtemps, ces v&#233;rit&#233;s ont &#233;t&#233; occult&#233;es par la vision m&#234;me que l'on se faisait de l'ouvrage, vu comme un trait&#233; d'agriculture &#8212; une &#171; sagesse &#187; au mieux &#8212; &#233;crit par un po&#232;te campagnard, au style rugueux et au bon sens paysan. Mais que penser des &#171; conseils &#187; dispens&#233;s : il faut labourer en automne quand on entend le cri de la grue, faire les semailles tardives de printemps quand on entend celui du coucou, acheter des boeufs de neuf ans et un homme de quarante, semer nu&#8230; ? Et que faire des mythes qui ouvrent le texte, le mythe prom&#233;th&#233;en, le mythe des races, et m&#234;me, avant eux, le mythe d'&#201;ris ? On a longtemps vu &#233;galement en H&#233;siode le porte-parole des luttes paysannes et des conflits opposant les riches et les pauvres. Certes, la &#171; justice des rois &#187; est condamn&#233;e r&#233;guli&#232;rement dans le texte (les &#171; rois &#187; &#233;tant les aristocrates-notables des cit&#233;s qui, &#224; l'&#233;poque, sont encore les vrais ma&#238;tres, car d&#233;tenteurs, en m&#234;me temps que de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, des fonctions de pr&#234;tres et de juges).&lt;br&gt;
&lt;br&gt; Et l'amertume d'H&#233;siode en face de cette &#171; justice &#187; &#233;clate en nombre d'endroits : c'est la fable de l'&#233;pervier qui enl&#232;ve le rossignol, en vertu de la loi du plus fort, pour en faire ce qu'il veut ; c'est l'all&#233;gorie de la Justice en pleurs, tra&#238;n&#233;e par les &#171; rois mangeurs de pr&#233;sents &#187; qui la banniront &#224; force de ne pas la respecter ; c'est le d&#233;sespoir du po&#232;te qui ne peut retenir son indignation aux vers 270-272 : &#171; Je veux aujourd'hui cesser d'&#234;tre jute, et moi et mon fils : il est mauvais d'&#234;tre juste si l'injuste doit avoir les faveurs de la justice &#187; ; c'est la menace proph&#233;tique de la destruction de la &#171; race de fer &#187; &#8212; dont H&#233;siode se lamente de faire partie &#8212; &#224; cause de sa mauvaise conduite sociale. Mais, quand H&#233;siode &#233;voque l'humanit&#233; mis&#233;rable, c'est pour la condamner : &#171; C'est une honte mauvaise qui suit les pas de l'indigent : la bont&#233; est li&#233;e au malheur &#187; (vers 316-318). Car on est responsable de sa mis&#232;re, et le pauvre n'excite aucune.&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Compassion : &#171; mendier &#224; la porte d'autrui pour ne rien obtenir &#187; avec femme et enfants (vers 394, repris vers 400), est une constatation qui n'est assortie d'aucune sympathie. &#171; Bienheureux les pauvres &#187; n'appartient pas aux id&#233;es du monde gr&#233;co-romain ; et quand s'exerce la philanthropie, plus tard, c'est en faveur d'une communaut&#233;, non des n&#233;cessiteux &#8212; en tant que groupe ou individus. La richesse, pour les Anciens, est n&#233;cessaire et bonne, elle est indispensable &#224; la vie heureuse (cf. Odyss&#233;e II, vers 358-360). Voil&#224; peut-&#234;tre la v&#233;rit&#233; que d&#233;tient.&lt;br&gt;
&lt;br&gt; H&#233;siode : quel bonheur en effet pour un , non pas un pauvre au sens de celui qui n'a rien mais un homme libre, poss&#233;dant une terre, une femme, des esclaves (hommes et femmes), des boeufs, et susceptible de pr&#234;ter (Pers&#232;s, le fr&#232;re du po&#232;te, lui emprunte) ? C'est-&#224;-dire : quelle richesse, fondant quel bonheur ?&lt;br&gt;
&lt;br&gt; On ne peut qu'&#234;tre frapp&#233; par la duret&#233; de la vie de labeur men&#233;e par le paysan h&#233;siodien. Chaque adresse &#224; Pers&#232;s, ou presque, s'accompagne de l'injonction &#171; travaille &#187;, et le nom est associ&#233; en g&#233;n&#233;ral &#224; ceux de &#171; fatigue &#187; ( ou son pluriel ) , mais aussi ), de &#171; maux &#187;, de &#171; mis&#232;re &#187;, de &#171; souci &#187;. Chaque saison &#8212; mieux, chaque jour et m&#234;me chaque moment du jour &#8212; est rythm&#233;e par les t&#226;ches &#224; accomplir, qui ne souffrent jamais aucun retard. Le texte abonde en propositions de temps qui, souvent, s'ouvrent par &#171; d&#232;s que &#187;, &#171; au moment o&#249; &#187;, et, toujours, pr&#233;c&#232;dent une principale d&#233;finissant la nature de l'ouvrage &#224; r&#233;aliser. La hantise du temps qui passe n'a, chez H&#233;siode, rien &#224; voir avec l'&#233;panchement lyrique : elle est hantise de ne pouvoir mener &#224; bien en son temps la t&#226;che sp&#233;cifique &#224; effectuer ; pas de temps mort, donc, m&#234;me l'hiver o&#249;, vers 495 : Un travailleur courageux peut n&#233;anmoins donner un s&#233;rieux accroissement &#224; sa maison.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Ainsi, s'asseoir &#171; pr&#232;s de la forge ou du parloir ensoleill&#233; &#187; est un luxe, &#224; cette saison-l&#224; aussi, ou une attitude irresponsable, celle de l'indigent ou de qui le deviendra in&#233;vitablement.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Et c'est l&#224; que le texte peut sembler pr&#233;senter une contradiction : il &#233;tablit une liaison entre travail et richesse d&#232;s le vers 21, qu'il r&#233;it&#232;re &#224; maintes reprises :&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
c'est-&#224;-dire : (L'homme au bras indolent) sent le besoin de labourer le jour o&#249; il voit le riche qui s'empresse &#224; labourer, &#224; planter, &#224; faire prosp&#233;rer son bien : tout voisin envie le voisin empress&#233;. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Et la richesse ( ) est associ&#233;e au m&#233;rite ( ) et &#224; la gloire ( ). Or, en m&#234;me temps, le travail &#233;vite la &#171; faim ardente &#187;, les dettes, la mendicit&#233;, spectres qui menacent et qu'il faut sans cesse repousser. Les &#171; granges pleines &#187; n'assurent au &#171; serviteur de quarante ans &#187; qu'un &#171; pain &#224; entailles et huit portions &#187; ; et si l'on peut puiser &#224; sati&#233;t&#233; dans une jarre quand on l'entame ou l'ach&#232;ve &#8212; &#171; pauvre &#233;conomie que l'on fait sur le fond &#187;, vers 369 &#8212; on doit en &#234;tre &#233;conome au milieu.&lt;br&gt; &lt;br&gt;
Contradiction semblable &#224; celle que contient le &#171; r&#234;ve am&#233;ricain &#187;, dira-t-on. Pas si simple.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
H&#233;siode, avons-nous dit, poss&#232;de une terre, une femme, des esclaves, et peut m&#234;me pr&#234;ter de l'argent. Mais en m&#234;me temps, il semble que rien ne soit d&#233;finitivement acquis : devoir quelque chose, d&#233;pendre de quelqu'un pour quoi que ce soit, sont des hantises d'H&#233;siode. Vivre de ce qu'on a &#8212; sinon, rendre exactement ce que l'on a emprunt&#233; &#8212; voil&#224; le bien, comme si l'indigence et la mendicit&#233; guettaient. C'est ce qui explique peut-&#234;tre le vers 341 : Alors tu ach&#232;teras le patrimoine d'autrui au lieu de vendre le tien. qui propose l'alternative curieuse : acheter le patrimoine d'autrui ou vendre le sien, selon qu'on travaille (bien) ou pas, comme si le statu quo n'&#233;tait pas possible.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Le contexte historique et social pourrait sans doute nous &#233;clairer, mais nous savons peu de choses sur le VIII&#232;me si&#232;cle. Incontestablement, toutefois, la crise agraire s&#233;vissait, expliquant la peur de la faim dans la B&#233;otie du si&#232;cle finissant. Les paysans pauvres recourent &#224; l'emprunt aupr&#232;s de voisins plus riches, et, dans une soci&#233;t&#233; pr&#233;-mon&#233;taire, des rapports de client&#232;le s'&#233;tablissent alors, avec, &#224; la cl&#233;, accaparement par les riches des terres de leurs &#171; clients &#187;. C'est sur cette toile de fond que se pose le probl&#232;me de la richesse et du bonheur tel que l'exprime H&#233;siode. Il s'agit d'abord de pr&#233;server son bien &#224; la fois de la convoitise des pauvres (rappelons que la r&#233;forme agraire et la question des dettes ont &#233;t&#233; des questions majeures jusqu'&#224; Solon) et de l'injustice des riches (les &#171; rois &#187;, d&#233;tenteurs du pouvoir et de la justice). Il faut donc persuader les pauvres que c'est le travail qui procure la richesse et les riches que l'injustice ne paie pas. La &#171; querelle judiciaire &#187; avec Pers&#232;s, fr&#232;re du po&#232;te ou simple destinataire litt&#233;raire, peu importe, permet d'unir les deux questions (les &#171; rois &#187; ont permis &#224; Pers&#232;s de l&#233;ser le po&#232;te lors de l'h&#233;ritage) et le recours aux mythes de fonder en droit la position d'H&#233;siode.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
La richesse appara&#238;t ainsi comme la r&#233;compense du travail, dispens&#233;e par les dieux. D'abord, le travail est une loi impos&#233;e aux hommes : Zeus leur a cach&#233; c'est-&#224;-dire la vie et ce qui fait vivre, le jour o&#249; Prom&#233;th&#233;e a vol&#233; le feu. Le mythe prom&#233;th&#233;en est, fondamentalement, un mythe de l'apparition du travail comme mal m&#233;taphysique ; chacun doit accepter ce destin in&#233;vitable qu'est la part de travail que lui assigne Zeus, quelle qu'elle soit, si in&#233;gale soit-elle. Le mal social est un mal m&#233;taphysique contre lequel on ne peut rien, vers 303-304 :&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Les dieux et les mortels s'indignent &#233;galement contre quiconque vit sans rien faire. Mais, heureusement, rien qu'en travaillant, (les hommes) deviennent mille fois chers aux immortels, vers 309 ; ou encore, Travaille, fais-toi ch&#233;rir de D&#233;m&#233;ter au front couronn&#233;, qu'elle remplisse ta grange du bl&#233; qui fait vivre, vers 299-301. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Et les mythes, l&#224; encore, viennent au secours d'H&#233;siode : les hommes de la premi&#232;re race sont devenus, &#171; par le vouloir de Zeus, les bons g&#233;nies de la terre, gardiens des mortels, dispensateurs de la richesse &#187;, vers 121-123 : &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
La propri&#233;t&#233; est donc le fruit du travail, et est l&#233;gitime. Il reste &#224; &#171; neutraliser &#187; les riches : d&#232;s le prologue, H&#233;siode s'y emploie : Ais&#233;ment il donne la force et ais&#233;ment abat les forts, ais&#233;ment il ploie les superbes et exalte les humbles, ais&#233;ment il redresse les &#226;mes torses et s&#232;che les vies orgueilleuses, Zeus qui gronde sur nos t&#234;tes, assis en son palais tr&#232;s haut.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Et le ch&#226;timent de la d&#233;mesure, doublet de l'injustice dans le texte, est d&#233;velopp&#233; longuement &#224; plusieurs reprises : il occupe pratiquement la totalit&#233; des vers 214-284. Une adjonction int&#233;ressante : l'injustice des rois entra&#238;ne le ch&#226;timent de toute la cit&#233;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt; Le mauvais comportement social des riches rejoint ainsi le mauvais comportement social des pauvres : voler et abuser de son pouvoir sont deux attitudes similaires. La justice, c'est ne pas contester l'ordre social, c'est respecter politiquement et socialement la propri&#233;t&#233; d'autrui.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Alors, le bonheur sera possible, ou plut&#244;t est possible. Car la peinture antith&#233;tique des cit&#233;s o&#249; r&#232;gne la justice rappelle exactement l'&#226;ge d'or que connut la premi&#232;re race d'hommes m&#234;me si le bonheur des cit&#233;s justes n'est plus un simple corollaire de la douceur spontan&#233;e, de l'ang&#233;lisme et de l'innocence de l'&#226;ge d'or, mais soumission volontaire au travail et &#224; la &#171; justice de Zeus &#187; r&#233;compens&#233;e par les dieux. Or, c'est ce bonheur qui se trouve &#224; l'horizon du paysan &#171; travailleur &#187; qui se soumet &#224; l'ordre du monde, c'est-&#224;-dire &#224; l'ordre voulu par Zeus, &#224; la fois en travaillant sans rel&#226;che et en respectant le cours des saisons.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Rappelons le souhait d'H&#233;siode aux vers 588-593 : Puiss&#232;-je avoir, &#224; l'ombre d'une roche, du vin de Biblos, une galette bien gonfl&#233;e et du lait de ch&#232;vres qui ne nourrissent plus, avec la chair d'une g&#233;nisse qui a pris sa p&#226;ture au bois et n'a pas encore v&#234;l&#233; ou d'agneaux d'une premi&#232;re port&#233;e ; et l&#224;-dessus, puiss&#232;-je, pour boire le vin noir, m'&#233;tendre &#224; l'ombre, le coeur satisfait de mon festin&#8230;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Rappelons aussi sa peinture de l'&#233;t&#233;, aux vers 582-586 : Quand fleurit le chardon et quand la cigale bruyante, perch&#233;e sur un arbre, r&#233;pand, au battement press&#233; de ses ailes, sa sonore chanson, dans les jours pesants de l'&#233;t&#233;, alors les ch&#232;vres sont plus grasses, le vin meilleur, les femmes plus ardentes, et les hommes plus mous.&lt;br&gt; &lt;br&gt;
Il y a l&#224;, incontestablement, douceur de vivre, abandon, et presque &#171; sentiment de la nature &#187;. On retrouve d'ailleurs des notations de m&#234;me teneur tout au long du passage consacr&#233; aux travaux des champs, m&#234;me si elles sont &#233;parses et quelquefois fugitives. On a ainsi l'&#233;vocation des &#171; &#233;pis [qui], au moment de leur pl&#233;nitude, ploieront vers la terre &#187; (vers 473), des dons de Dionysos &#171; riches en joies &#187; (vers 614), la peinture en un tableau po&#233;tique de l'hiver et des animaux &#171; frissonnants &#187; lorsque s'abat Bor&#233;e. Et n'oublions pas les vers curieux consacr&#233;s &#224; &#171; la jeune fille &#224; la peau d&#233;licate qui reste &#224; la maison aux c&#244;t&#233;s de sa tendre m&#232;re, encore ignorante des travaux d'Aphrodite d'or &#187;. Elle baigne son jeune corps, ajoute le po&#232;te, l'oint d'huile grasse, avant d'aller s'&#233;tendre au fond de sa demeure (vers 520-523).&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Ils se trouvent au milieu du tableau de l'hiver. Le bonheur est l&#224;, tout pr&#232;s, et H&#233;siode l'a&#232;de sait le sugg&#233;rer, le faire go&#251;ter, donner envie de le conna&#238;tre et de le voir s'affirmer.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Il est m&#234;me permis de d&#233;couvrir dans le texte l'annonce d'autres relations possibles entre les hommes : Celui qui donne de bon coeur, donn&#226;t-il beaucoup, est heureux de donner, et son coeur y trouve sa joie1 (vers 357-358).&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
L'&#226;ge hom&#233;rique est bien fini. La guerre, la force et le vol sont disqualifi&#233;s. Un nouvel ordre &#233;conomique, social, politique na&#238;t. Il est &#224; fonder, &#224; l&#233;gitimer, aux yeux des hommes du VIII&#232;me si&#232;cle. C'est ce qu'entreprend H&#233;siode l'a&#232;de, et c'est en ce sens qu'il est un ma&#238;tre de v&#233;rit&#233;. La cit&#233; est &#224; b&#226;tir, elle est &#224; l'horizon du texte. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Armelle Clatin
&lt;p&gt;(1) Le texte et les traductions sont emprunt&#233;s &#224; l'&#233;dition de Paul Mazon, dans la Collection des Universit&#233;s de France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jean de La Fontaine</title>
		<link>https://www.desecritures.be/spip.php?article17</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.desecritures.be/spip.php?article17</guid>
		<dc:date>2015-12-18T10:51:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Weikmans</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les ann&#233;es de formation Au service de Fouquet L'Apog&#233;e de l'activit&#233; litt&#233;raire Autour de l'Acad&#233;mie Derni&#232;res ann&#233;es et derni&#232;res fables Chronologie Les fables Illustration des fables Les contes Quelques vers c&#233;l&#232;bres Oeuvres Le loup et la cigogne &lt;br class='autobr' /&gt; Les ann&#233;es de formation (1621-1658) Nous disposons de tr&#232;s peu d'informations sur les ann&#233;es de formation de La Fontaine. L'information la plus ancienne le concernant quant &#224; ces ann&#233;es date de 1641 : c'est son entr&#233;e &#224; l'Oratoire. Mais d&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.desecritures.be/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;Les fabulistes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a name=&#034;up&#034;&gt; &lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#formation&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#003399&#034;&gt;Les ann&#233;es de formation&lt;/font color&gt;&lt;/a&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#fouquet&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#003399&#034;&gt;Au service de Fouquet&lt;/font color&gt;&lt;/a&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#apog&#233;e&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#003399&#034;&gt;L'Apog&#233;e de l'activit&#233; litt&#233;raire&lt;/font color&gt;&lt;/a&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#acad&#233;mie&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#003399&#034;&gt;Autour de l'Acad&#233;mie&lt;/font color&gt;&lt;/a&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#ann&#233;es&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#003399&#034;&gt;Derni&#232;res ann&#233;es et derni&#232;res fables&lt;/font color&gt;&lt;/a&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#chronologie&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#003399&#034;&gt;Chronologie&lt;/font color&gt;&lt;/a&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#fables&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#003399&#034;&gt;Les fables&lt;/font color&gt;&lt;/a&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#illustration&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#003399&#034;&gt;Illustration des fables&lt;/font color&gt;&lt;/a&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#contes&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#003399&#034;&gt;Les contes&lt;/font color&gt;&lt;/a&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#vers&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#003399&#034;&gt; Quelques vers c&#233;l&#232;bres&lt;/font color&gt;&lt;/a&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#oeuvres&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#003399&#034;&gt;Oeuvres&lt;/font color&gt;&lt;/a&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#loup&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#003399&#034;&gt;Le loup et la cigogne&lt;/font color&gt;&lt;/a&gt;&lt;br&gt;
&lt;spacer&gt;
&lt;div class='spip_document_28 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.desecritures.be/IMG/jpg/de_la_fontaine.jpg' width='166' height='303' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a name=&#034;formation&#034;&gt;Les ann&#233;es de formation (1621-1658)&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;div align=justify&gt;Nous disposons de tr&#232;s peu d'informations sur les ann&#233;es de formation de La Fontaine. L'information la plus ancienne le concernant quant &#224; ces ann&#233;es date de 1641 : c'est son entr&#233;e &#224; l'Oratoire. Mais d&#232;s 1642, il quitterait cette carri&#232;re religieuse, pr&#233;f&#233;rant lire L'Astr&#233;e, d'Honor&#233; d'Urf&#233;, et Rabelais, plut&#244;t que Saint Augustin. Il reprend des &#233;tudes de droit et fr&#233;quente un cercle de jeunes po&#232;tes : les chevaliers de la table ronde, o&#249; il rencontre Pellisson, Fran&#231;ois Charpentier, Tallemant des R&#233;aux, et Antoine Rambouillet de La Sabli&#232;re, qui &#233;pousera la future protectrice du po&#232;te. Il obtient en 1649, un dipl&#244;me d'avocat au parlement de Paris.
&lt;p&gt;Entre temps, en 1647, son p&#232;re lui organise un mariage de complaisance avec Marie H&#233;ricart, alors &#226;g&#233;e de 14 ans et demi, qui lui donne un fils, Charles. Ses fr&#233;quentations parisiennes, pour ce que l'on en sait, sont celles des soci&#233;t&#233;s pr&#233;cieuses et libertines de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1652, La Fontaine acquiert la charge de ma&#238;tre particulier triennal des eaux et des for&#234;ts du duch&#233; de Ch&#226;teau-Thierry, &#224; laquelle se cumule celle de son p&#232;re &#224; la mort de celui-ci. T&#226;che dont on soup&#231;onne La Fontaine de ne gu&#232;re s'occuper avec passion ni assiduit&#233; et qu'il revendit int&#233;gralement en 1672. C'est aussi qu'il amorce une carri&#232;re de po&#232;te par la publication d'un premier texte, une com&#233;die adapt&#233;e de T&#233;rence, L'Eunuque, en 1654, qui passe totalement inaper&#231;ue.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;#up&#034;&gt;Retour au sommaire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a name=&#034;fouquet&#034;&gt;Au service de Fouquet (1658-1663)&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1658, il entre au service de Fouquet, Surintendant des Finances, auquel, outre une s&#233;rie de po&#232;mes de circonstances pr&#233;vus par contrat - une &#034;pension po&#233;tique&#034; -, le po&#232;me &#233;pique Adonis tir&#233; d'Ovide et &#233;labore un texte composite &#224; la gloire du domaine de son patron, le Songe de Vaux, qui restera inachev&#233;, car Fouquet est arr&#234;t&#233; sur ordre de Louis XIV ; La Fontaine &#233;crit en faveur de son patron en 1662 : l'Ode au Roi puis : l'&#201;l&#233;gie aux nymphes de Vaux. On ne sait pas exactement si son voyage en Limousin en 1663 est un exil ordonn&#233; par l'administration louis-quatorzienne, ou une d&#233;cision librement consentie d'accompagner son oncle Jannart, lui exil&#233;. Il tire de ce d&#233;placement une Relation d'un Voyage de Paris en Limousin : il s'agit d'un r&#233;cit de voyage sous forme de lettres en vers et en prose adress&#233;es &#224; son &#233;pouse, publi&#233; de fa&#231;on posthume.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;#up&#034;&gt;Retour au sommaire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a name=&#034;apog&#233;e&#034;&gt;L'apog&#233;e de l'activit&#233; litt&#233;raire (1664-1679)&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1664, il passe au service de la duchesse de Bouillon et de la duchesse d'Orl&#233;ans. La Fontaine partage alors son temps entre Paris et Ch&#226;teau-Thierry en qualit&#233; de gentilhomme - ce qui assure son anoblissement. C'est le moment o&#249; La Fontaine fait une entr&#233;e remarqu&#233;e sur la sc&#232;ne litt&#233;raire publique avec un premier conte, tir&#233; de l'Arioste : Joconde. Cette r&#233;&#233;criture suscite en effet une petite querelle litt&#233;raire, sous forme d'une comp&#233;tition avec la traduction qu'en a propos&#233; Bouillon peu de temps avant ; le d&#233;bat porte sur la libert&#233; dont peut disposer le conteur par rapport &#224; son mod&#232;le : l&#224; o&#249; le texte de Bouillon est extr&#234;mement fid&#232;le, voire parfois litt&#233;ral, celui de La Fontaine s'&#233;carte &#224; plusieurs reprises du r&#233;cit du Roland furieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Dissertation sur Joconde, qu'on attribue traditionnellement &#224; Boileau, tranche le d&#233;bat magistralement &#224; l'avantage du conte de La Fontaine. Deux recueils de contes et nouvelles en vers se succ&#232;dent alors, en 1665 et 1666, dont les canevas licencieux sont tir&#233;s notamment de Boccace et des Cent nouvelles. Continuation de cette exp&#233;rience narrative mais sous une autre forme br&#232;ve, cette fois de tradition morale, les Fables choisies et mises en vers, d&#233;di&#233;es au Grand Dauphin, paraissent en 1668. En 1669, La Fontaine ajoute un nouveau genre &#224; son activit&#233; en publiant le roman : Les amours de Psych&#233; et de Cupidon, qui suscite une relative incompr&#233;hension au vu de sa forme in&#233;dite : m&#233;lange de prose et de vers, de r&#233;cit mythologique - cette fois tir&#233; d'Apul&#233;e - et de conversations litt&#233;raires, le texte contrevient &#224; des principes &#233;l&#233;mentaires de l'esth&#233;tique classique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_33 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.desecritures.be/IMG/jpg/jean.jpg' width='224' height='176' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir de la fiction des &#034;quatre amis&#034; que met en sc&#232;ne ce roman qu'on a sp&#233;cul&#233; sur l'amiti&#233; qui unirait La Fontaine, Moli&#232;re, Boileau et Racine, sans grande preuve : si La Fontaine est li&#233; lointainement &#224; la famille de Racine, leurs relations sont &#233;pisodiques ; les rapports avec Moli&#232;re ne sont pas connus si tant est qu'ils existent ; quant &#224; Boileau, il n'y a gu&#232;re de trace d'une telle amiti&#233;. Apr&#232;s sa participation &#224; un Recueil de po&#233;sies chr&#233;tiennes et diverses &#233;dit&#233; en 1670 par Port-Royal, La Fontaine publie successivement, en 1671, un troisi&#232;me recueil de Contes et nouvelles en vers, et un recueil bigarr&#233;, contenant des contes, des fables, des po&#232;mes de l'&#233;poque de Fouquet, des &#233;l&#233;gies, sous le titre de : Fables nouvelles et autres po&#233;sies. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1672 meurt la Duchesse d'Orl&#233;ans : La Fontaine conna&#238;t alors de nouvelles difficult&#233;s financi&#232;res ; Marguerite de La Sabli&#232;re l'accueille et l'h&#233;berge quelques mois apr&#232;s, probablement en 1673.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1674, La Fontaine se lance dans un nouveau genre : l'op&#233;ra, avec un projet de collaboration avec Lully, qui avorte. C'est l'occasion d'une violente satire de La Fontaine contre Lully, registre rare dans son &#339;uvre, mais o&#249; il excelle en ce po&#232;me intitul&#233; : Le Florentin. &lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#234;me ann&#233;e, un recueil de Nouveaux Contes est publi&#233; -mais cette fois-ci, sans qu'on sache tr&#232;s bien pourquoi, l'&#233;dition est saisie et sa vente interdite : si La Fontaine avait charg&#233; le trait anticl&#233;rical et la licence, reste que ces contes demeuraient dans la tradition du genre et dans une topique qui rendait relativement inoffensive leur charge. Apr&#232;s deux recueils de : Contes, c'est &#224; nouveau un recueil de Fables choisies et mises en vers que publie La Fontaine en 1678 et 1679, cette fois-ci d&#233;di&#233; &#224; Madame de Montespan, ma&#238;tresse du Roi : ce sont nos actuels livres VII &#224; XI des Fables, mais alors num&#233;rot&#233;s de I &#224; V.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;#up&#034;&gt;Retour au sommaire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a name=&#034;acad&#233;mie&#034;&gt;Les ann&#233;es 1680 : autour de l'Acad&#233;mie&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;P&#233;riode moins faste, o&#249; les productions sont quantitativement moins importantes, mais non moins diverses : ainsi, en 1682, La Fontaine publie un &#034;Po&#232;me du Quinquina&#034;, po&#232;me philosophique dans la mani&#232;re revendiqu&#233;e de Lucr&#232;ce &#224; l'&#233;loge du nouveau m&#233;dicament, et accompagn&#233; de deux nouveaux contes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; litt&#233;raire des ann&#233;es 1665-1679 se solde en 1683 par une &#233;lection, n&#233;anmoins tumultueuse, &#224; l'Acad&#233;mie fran&#231;aise, sans qu'on puisse pr&#233;ciser les exactes raisons de cette difficult&#233; : on a pu faire l'hypoth&#232;se que l'administration louis-quatorzienne gardait rancune au po&#232;te qui avait publi&#233; deux po&#232;mes en faveur de Fouquet lors du proc&#232;s de celui-ci ; le discours des opposants &#224; cette entr&#233;e de La Fontaine &#224; l'Acad&#233;mie s'appuie quant &#224; lui sur l'accusation d'immoralit&#233; lanc&#233;e contre les recueils de Contes et nouvelles en vers. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toujours est-il que La Fontaine, apr&#232;s une vague promesse de ne plus rimer de contes, est re&#231;u le 2 mai 1684 &#224; l'Acad&#233;mie, o&#249;, en sus du remerciement traditionnel, il prononce un Discours &#224; Madame de La Sabli&#232;re o&#249; il se d&#233;finit, en une formule fameuse, comme &#034;papillon du Parnasse&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ann&#233;e suivante, l'Acad&#233;mie est encore le cadre d'une nouvelle affaire dans laquelle est impliqu&#233;e La Fontaine : Fureti&#232;re, qui en composant son propre dictionnaire a pass&#233; outre le privil&#232;ge de la compagnie en cette mati&#232;re, est exclu, et lance une s&#233;rie de pamphlets notamment contre La Fontaine, son ancien ami, qu'il accuse de trahison et contre lequel il reprend l'accusation de libertinage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une autre vieille amiti&#233;, elle sans rupture, qui donne jour, la m&#234;me ann&#233;e, aux Ouvrages de prose et de po&#233;sie des sieurs de Maucroix et de La Fontaine ; le recueil contient des traductions de Platon, D&#233;mosth&#232;ne et Cic&#233;ron par Maucroix et de nouvelles fables et de nouveaux contes de La Fontaine, qui aura peu attendu pour trousser quelque nouvelle licencieuse. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nouveau scandale, de plus grande ampleur, &#224; l'Acad&#233;mie : la lecture du po&#232;me Le si&#232;cle de Louis Le Grand de Perrault d&#233;clenche la Querelle des Anciens et des Modernes, dans laquelle La Fontaine se range, non sans ambigu&#239;t&#233;s, du c&#244;t&#233; des Anciens, par une &#201;p&#238;tre &#224; Monsieur de Soissons, pr&#233;texte &#224; une d&#233;claration de principes litt&#233;raires, dont la plus fameuse reste &#034;Mon imitation n'est point un esclavage&#034;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;#up&#034;&gt;Retour au sommaire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a name=&#034;ann&#233;es&#034;&gt;Les derni&#232;res ann&#233;es et les derni&#232;res fables (1689-1695)&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une s&#233;rie de fables sont publi&#233;es en revue entre 1689 et 1692, qui sont rassembl&#233;es en 1693, avec des in&#233;dites et celles de 1685, dans un ultime recueil, notre actuel livre XII, d&#233;di&#233; au duc de Bourgogne, fils a&#238;n&#233; du Grand Dauphin et &#224; ce titre h&#233;ritier pr&#233;somptif de la Couronne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Entre-temps, La Fontaine tombe gravement malade ; on dispose d'un r&#233;cit de 1718 du P. Pouget, confesseur de La Fontaine, qui assure d'une conversion de La Fontaine lors de cette maladie et d'un reniement public de ses contes devant une d&#233;l&#233;gation de l'Acad&#233;mie. N&#233;anmoins, cet &#233;v&#233;nement ne figure aucunement sur les registres de l'Acad&#233;mie. La Fontaine est enterr&#233; au cimeti&#232;re du P&#232;re Lachaise, depuis le transfert de sa d&#233;pouille en 1817, en m&#234;me temps que celle de Moli&#232;re.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;#up&#034;&gt;Retour au sommaire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a name=&#034;chronologie&#034;&gt;Chronologie&lt;/a&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1617&lt;/b&gt; : Mariage des parents du po&#232;te. Charles de La Fontaine, d'origine champenoise, et Fran&#231;oise Pidoux, d'origine poitevine. Assassinat de Concini et fin de la r&#233;gence de Marie de M&#233;dicis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1621&lt;/b&gt; : Le 8 juillet, Jean de La Fontaine est baptis&#233; &#224; Ch&#226;teau-Thierry, o&#249; il est n&#233; le jour m&#234;me ou la veille. Son p&#232;re porte le titre de &#034;Conseiller du Roi et Ma&#238;tre des Eaux et For&#234;ts du duch&#233; de Chaury&#034; (Ch&#226;teau-Thierry). Il est aussi capitaine des chasses. Soul&#232;vements protestants ; mort du Duc de Luynes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1623&lt;/b&gt; : Le 26 septembre, bapt&#234;me de Claude, fr&#232;re du po&#232;te. Publication &#224; Paris de l'Adonis du cavalier Marin, avec pr&#233;face de Chapelain. Proc&#232;s de Th&#233;ophile de Viau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1624&lt;/b&gt; : Richelieu devient chef du Conseil du Roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1627&lt;/b&gt; : Publication des deux derniers volumes de l'Astr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1628&lt;/b&gt; : Mort de Malherbe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Vers 1630&lt;/b&gt; : Les &#233;tudes de La Fontaine restent mal connues. Probablement les commence-t-il au coll&#232;ge de Ch&#226;teau-Thierry, &#233;tablissement r&#233;put&#233;, pour aller vers 1635 les achever dans un coll&#232;ge parisien, o&#249; il a Fureti&#232;re pour condisciple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1633&lt;/b&gt; : Le 26 avril, bapt&#234;me de Marie H&#233;ricart, fille du lieutenant civil et criminel au bailliage de la Fert&#233; Milon, apparent&#233; &#224; la famille Sconin-Racine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1636&lt;/b&gt; : Naissance de Boileau. Le Cid de Corneille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1637&lt;/b&gt; : Discours de la M&#233;thode de Descartes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1639&lt;/b&gt; : Naissance de Racine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1641&lt;/b&gt; : La Fontaine entre &#224; la maison m&#232;re de l'Oratoire &#224; Paris le 27 avril, puis se rend peut-&#234;tre &#224; Juilly et revient &#224; Paris &#224; la maison de Saint-Magloire pour &#233;tudier la th&#233;ologie. Son fr&#232;re Claude le rejoint &#224; l'Oratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1642&lt;/b&gt; : La Fontaine quitte l'Oratoire, au bout de 18 mois. Mort de Richelieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1643&lt;/b&gt; : La Fontaine est rentr&#233; &#224; Ch&#226;teau-Thierry. Sa vocation po&#233;tique s'&#233;veille alors, semble-t-il. Le 15 mai, mort de Louis XIII. Le 19 mai, victoire de Rocroi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Vers 1646&lt;/b&gt; : La Fontaine vient &#233;tudier le Droit &#224; Paris ; il acquiert le titre d'avocat en la Cour du Parlement. Avec d'autres jeunes po&#232;tes, habitu&#233;s du Palais, il fait partie d'une petite acad&#233;mie litt&#233;raire et amicale dite de la &#034;Table Ronde&#034;. Ces palatins sont Pellisson, Fureti&#232;re, Maucroix, Charpentier, Cassandre. Il fait la connaissance d'autres hommes de lettres : Conrart, Chapelain, Patru, Perrot d'Ablancourt, les Tallemant, Antoine de La Sabli&#232;re...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1647&lt;/b&gt; : Le 10 novembre, signature du contrat de mariage entre le po&#232;te et Marie H&#233;ricart &#224; la Fert&#233;-Milon. &#034;Son p&#232;re l'a mari&#233;, et lui l'a fait par complaisance&#034; (G&#233;d&#233;on Tallemant des R&#233;aux|Tallemant). La m&#232;re du po&#232;te, vivante en 1634, est morte &#224; la date du contrat. En avril, Maucroix avait achet&#233; une pr&#233;bende de chanoine &#224; Reims. Il restera l'ami de La Fontaine jusqu'&#224; la mort de celui-ci. Gassendi : De Vita et Moribus Epicuri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1649&lt;/b&gt; : Claude, confr&#232;re de l'Oratoire, renonce en faveur de Jean &#224; sa part d'h&#233;ritage, moyennant pension. La fronde a &#233;clat&#233; en 1648.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1652&lt;/b&gt; : La Fontaine ach&#232;te la charge de Ma&#238;tre particulier triennal des Eaux et For&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1653&lt;/b&gt; : En ao&#251;t, vente d'une propri&#233;t&#233; sise &#224; Oulchy-le-Ch&#226;teau. Le 30 octobre, bapt&#234;me &#224; Ch&#226;teau-Thierry du fils de La Fontaine, Charles, qui a Maucroix pour parrain. Le p&#232;re ne s'occupera jamais beaucoup de son fils. Fin de la Fronde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1654&lt;/b&gt; : En ao&#251;t, premi&#232;re &#339;uvre publi&#233;e de La Fontaine : l'Eunuque, com&#233;die en vers imit&#233;e de T&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1658&lt;/b&gt; : Mort du p&#232;re de La Fontaine, qui laisse &#224; son fils ses charges, peu lucratives et une succession embrouill&#233;e comportant de lourdes dettes. Par mesure de prudence, La Fontaine et sa femme demandent la s&#233;paration de biens. Le m&#233;nage lui-m&#234;me n'est gu&#232;re uni, par la faute probable du po&#232;te, mari indiff&#233;rent. Apr&#232;s juin, La Fontaine offre &#224; Fouquet son Adonis. Jannart, oncle de Marie H&#233;ricart, est substitut de Fouquet au Parlement et Pellisson, ami de La Fontaine, est au service du surintendant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1659 : Jusqu'en 1661&lt;/b&gt;, La Fontaine va recevoir de Fouquet une pension en esp&#232;ces, moyennant une &#034;pension po&#233;tique&#034;. Il doit aussi composer un ouvrage en l'honneur de Vaux-le-Vicomte : il entreprend le Songe de Vaux. Il habite tant&#244;t &#224; Paris, chez Jannart, avec sa femme, tant&#244;t &#224; Ch&#226;teau-Thierry pour les devoirs de ses charges, mais il fr&#233;quente le ch&#226;teau de Fouquet, se lie avec Charles Perrault, Saint-Evremond, Madeleine de Scud&#233;ry. Paix des Pyr&#233;n&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1660&lt;/b&gt; : Les Rieurs de Beau Richard sont jou&#233;s au carnaval de Ch&#226;teau-Thierry. Dans cette ville existe une Acad&#233;mie &#224; laquelle s'int&#233;resse La Fontaine et encore plus sa femme. En 1660-1661, La Fontaine se lie avec Racine d&#233;butant. En juin, mariage du roi. En ao&#251;t, entr&#233;e de la reine Marie-Th&#233;r&#232;se &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1661 : Le 17 ao&#251;t&lt;/b&gt;, f&#234;te de Vaux, au cours de laquelle La Fontaine assiste &#224; la premi&#232;re repr&#233;sentation des F&#226;cheux par Moli&#232;re. Le 5 septembre, arrestation de Fouquet &#224; Nantes. La Fontaine tombe gravement malade. Gu&#233;ri, il revient &#224; Ch&#226;teau-Thierry, o&#249; il est poursuivi par un traitant en usurpation de noblesse. D&#233;but de construction de Versailles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1662&lt;/b&gt; : En mars (?), publication anonyme de l'El&#233;gie aux Nymphes de Vaux. Ao&#251;t : le Duc de Bouillon, seigneur de Ch&#226;teau-Thierry &#233;pouse Marie-Anne Mancini, ni&#232;ce de Mazarin. La Fontaine devient &#034;gentilhomme servant&#034; de la Duchesse Douari&#232;re d'Orl&#233;ans au Luxembourg, mais il loge toujours chez Jannart. Le 10 d&#233;cembre, achev&#233; d'imprimer les Nouvelles en vers, contenant les deux premiers Contes de La Fontaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1665&lt;/b&gt; : Le 10 janvier, achev&#233; d'imprimer des Contes et Nouvelles en vers. Le 30 juin, achev&#233; d'imprimer d'une traduction de la Cit&#233; de Dieu de Saint Augustin, dont les citations po&#233;tiques ont &#233;t&#233; rendues en vers fran&#231;ais par La Fontaine ; le deuxi&#232;me tome para&#238;tra en 1667.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1669&lt;/b&gt; : Les Amours de Psych&#233; et Cupidon, roman suivi de l'Adonis, imprim&#233; pour la premi&#232;re fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1671 : Le 21 janvier&lt;/b&gt;, La Fontaine quitte ses charges rachet&#233;es par le Duc de Bouillon, et perd cette source de revenus. Publication du Recueil de Po&#233;sies Chr&#233;tiennes et Diverses, d&#233;di&#233; &#224; Monseigneur le Prince de Conti. La Fontaine a beaucoup contribu&#233; &#224; la pr&#233;paration de ce recueil jans&#233;niste (achev&#233; d'imprimer le 20 d&#233;cembre 1670). Le 27 janvier, Troisi&#232;me partie des Contes. Le 12 mars : Fables nouvelles et autres po&#233;sies (huit fables). En janvier ont &#233;t&#233; repr&#233;sent&#233;e la Psych&#233; de Moli&#232;re et Corneille, Quinault et Lulli, inspir&#233;e du roman de La Fontaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1672&lt;/b&gt; : Mort de la Duchesse Douari&#232;re d'Orl&#233;ans. La Fontaine perd ainsi sa derni&#232;re charge. Publication s&#233;par&#233;e de deux fables Le Soleil et les Grenouilles, Le Cur&#233; et le mort. Invasion de la Hollande. Discours de la connaissance des b&#234;tes par P. Pardies&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1673&lt;/b&gt; : C'est sans doute &#224; partir de 1673 que Marguerite de La Sabli&#232;re h&#233;berge Jean de La Fontaine. Jusqu'&#224; ce qu'elle meure en 1693, elle pourvoira &#224; ses besoins. Dans son h&#244;tel, il peut rencontrer Charles Perrault, Bernier, m&#233;decin et disciple de Gassendi, qui a longuement s&#233;journ&#233; en Inde, et bon nombre de savants tels que Roberval et Sauveur. Publication du Po&#232;me de la Captivit&#233; de Saint Malc, sujet sans doute sugg&#233;r&#233; par des amis jans&#233;nistes. Le 17 f&#233;vrier, mort de Moli&#232;re, pour qui La Fontaine r&#233;dige une &#233;pitaphe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1674&lt;/b&gt; : La protection de Madame de Montespan et de sa s&#339;ur Madame de Thianges vaut &#224; La Fontaine la mission d'&#233;crire un livret d'op&#233;ra sur Daphn&#233;, pour Lulli, qui le refuse : d'o&#249; la satire du Florentin, rest&#233;e manuscrite pendant 17 ans. Publication des Nouveaux Contes, tr&#232;s licencieux. Ep&#238;tres, &#224; Turenne, membre de la famille de Bouillon, qui tient personnellement La Fontaine en amiti&#233;. En juillet, l'Art po&#233;tique de Boileau n'accorde aucune mention &#224; la fable, ni &#224; La Fontaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1675&lt;/b&gt; : Interdiction de la vente des Nouveaux Contes par ordonnance de La Reynie, lieutenant de police. Le 27 juillet, Turenne est tu&#233; &#224; Salzbach. Bernier publie l'Abr&#233;g&#233; de la Philosophie de Gassendi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1676&lt;/b&gt; : La Fontaine vend &#224; son cousin Antoine Pintrel sa maison natale et ach&#232;ve de payer les dettes paternelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1677&lt;/b&gt; : La Duchesse de Bouillon, protectrice de La Fontaine et son fr&#232;re le Duc de Nevers cabale contre la Ph&#232;dre de Racine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1678-1679&lt;/b&gt; : Nouvelle &#233;dition des Fables choisies, d&#233;di&#233;es &#224; Madame de Montespan. La paix de Nim&#232;gue (ao&#251;t 1678) est c&#233;l&#233;br&#233;e par La Fontaine dans plusieurs pi&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1680&lt;/b&gt; : Exil &#224; N&#233;rac de la Duchesse de Bouillon compromise dans l'affaire des poisons. Mort de La Roche Foucauld. Mort de Fouquet &#224; Pignerol. Conversion de Marguerite de La Sabli&#232;re qui, veuve, ayant mari&#233; ses trois enfants, abandonn&#233;e par La Fare, son amant, se consacre au soin des malades et va loger rue Saint Honor&#233;, elle installe La Fontaine pr&#232;s de sa nouvelle demeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1681 : Le 1er ao&#251;t&lt;/b&gt;, achev&#233; d'imprimer des &#201;p&#238;tres de S&#233;n&#232;que (les lettres &#224; Lucilius) traduites par Pierre Pintrel, cousin de La Fontaine qui lui-m&#234;me a traduit en vers les citations po&#233;tiques et qui a fait publier l'ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1682&lt;/b&gt; : En janvier, Po&#232;me du Quinquina, d&#233;di&#233; &#224; la Duchesse de Bouillon, suivi de deux contes, de Galat&#233;e, et de Daphn&#233;, livrets d'op&#233;ra. Vers cette &#233;poque, La Fontaine entreprend une trag&#233;die, Achille, rest&#233;e inachev&#233;e. Naissance du Duc de Bourgogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1683 : Le 6 mai&lt;/b&gt;, premi&#232;re repr&#233;sentation &#224; la Com&#233;die Fran&#231;aise, du Rendez-vous com&#233;die de La Fontaine qui n'a aucun succ&#232;s et dont le texte est perdu. Le 6 septembre, mort de Colbert. La Fontaine brigue son si&#232;ge &#224; l'Acad&#233;mie fran&#231;aise, alors que Louis XIV souhaite voir &#233;lire Boileau, son historiographe. Le 15 novembre, l'Acad&#233;mie, en majorit&#233; hostile au satirique, propose La Fontaine par seize voix contre sept. La s&#233;ance a &#233;t&#233; agit&#233;e, en raison de la col&#232;re manifest&#233;e par Toussaint Rose, secr&#233;taire du roi. Louis XIV en prend pr&#233;texte pour refuser l'autorisation de &#034;consommer&#034; l'&#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1684 : Le 17 avril&lt;/b&gt;, Boileau est &#233;lu &#224; l'unanimit&#233; ; le roi accorde l'autorisation de recevoir La Fontaine. Le 2 mai, r&#233;ception du fabuliste, lecture du Discours &#224; Madame de La Sabli&#232;re. La Fontaine &#233;crit La Comparaison d'Alexandre, de C&#233;sar et de Monsieur le Prince (de Cond&#233;), &#224; la demande du Prince de Conti. Cond&#233; lui-m&#234;me estime La Fontaine et le voit volontiers &#224; Chantilly. Mort de Corneille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1685 : En janvier&lt;/b&gt;, l'Acad&#233;mie exclut Fureti&#232;re, coupable d'avoir obtenu par surprise un privil&#232;ge pour son Dictionnaire, achev&#233; avant celui de l'Acad&#233;mie. La Fontaine vote l'exclusion et subit les virulentes attaques de son ancien ami, auquel il r&#233;plique par des &#233;pigrammes. Le 28 juillet, achev&#233; d'imprimer des Ouvrages de Prose et de Po&#233;sie des Seigneurs de Maucroix et de La Fontaine en deux volumes, dont le premier contient de nouveaux contes, et le second de nouvelles fables et d'autres pi&#232;ces. R&#233;vocation de l'&#201;dit de Nantes. Mort du Prince Louis-Armand de Conti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1686&lt;/b&gt; : Mort de Cond&#233;. Ligue d'Ausbourg. Perrault lit son po&#232;me du Si&#232;cle de Louis Le Grand, protestation de Boileau. La Querelle des Anciens et des Modernes &#233;clate. En f&#233;vrier, l'&#201;p&#238;tre &#224; Huet est imprim&#233; en plaquette &#224; tirage restreint. En juillet, Marie-Anne, Duchesse de Bouillon, doit se r&#233;fugier en Angleterre aupr&#232;s de sa s&#339;ur Hortense, amie de Saint-&#201;vremond. Correspondance suivie de La Fontaine avec eux et quelques amis du groupe de Londres, qui comprend, entre autres, les diplomates Bonrepaux et Barrillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1688&lt;/b&gt; : Marguerite de La Sabli&#232;re se retire aux Incurables mais continue &#224; assurer le logement de La Fontaine. Le po&#232;te devient le familier du Prince Fran&#231;ois Louis de Conti, dans le milieu tr&#232;s libre du Temple des Vend&#244;me, chez qui il retrouve Chaulieu. Il chaperonne un moment la scandaleuse Madame Ulrich. Les caract&#232;res de la Bruy&#232;re ; le portrait de La Fontaine n'y entrera qu'&#224; la 6&#232;me &#233;dition, en 1691.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1691&lt;/b&gt; : Le 28 novembre, premi&#232;re repr&#233;sentation &#224; l'Op&#233;ra d'Astr&#233;e, trag&#233;die lyrique de La Fontaine, avec musique de Colasse, gendre de Lulli : &#233;chec complet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1692&lt;/b&gt; : En d&#233;cembre, gravement malade, La Fontaine est converti par l'abb&#233; Pouget, jeune vicaire de St Roch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1693&lt;/b&gt; : Le 12 f&#233;vrier, il renie les Contes devant une d&#233;l&#233;gation de l'Acad&#233;mie et re&#231;oit le viatique. Il se r&#233;tablit n&#233;anmoins. Marguerite de La Sabli&#232;re est morte en janvier, Pellisson le 7 f&#233;vrier. Les amis d'Angleterre essaient en vain de d&#233;cider La Fontaine &#224; venir s'installer &#224; Londres. Il devient l'h&#244;te d'Anne d'Hervart, Ma&#238;tre des Requ&#234;tes au Parlement de Paris, fils de banquier et extr&#234;mement riche, mari&#233; &#224; Fran&#231;oise de Bretonvilliers. Le 1er septembre, achev&#233; d'imprimer des Fables choisies, &lt;br class='autobr' /&gt;
portant la date de 1694, et constituant le livre XII. En octobre-novembre, remarques adress&#233;es &#224; Maucroix sur sa traduction d'Ast&#233;rius.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1694&lt;/b&gt; : Naissance de Voltaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1695 : Le 9 f&#233;vrier&lt;/b&gt;, La Fontaine est pris de faiblesse en revenant de l'Acad&#233;mie. Il meurt le 13 avril, chez les d'Hervart. En proc&#233;dant &#224; la toilette mortuaire, on trouve sur lui un cilice. La Fontaine est enterr&#233; le 14 avril au cimeti&#232;re des Innocents. Par suite d'une erreur commise sur ce point par d'Olivet dans l'Histoire de l'Acad&#233;mie, les commissaires de la Convention exhumeront en 1792, pour leur &#233;lever un mausol&#233;e, des ossements anonymes dans un autre cimeti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1696&lt;/b&gt; : &#338;uvres posthumes, avec d&#233;dicace sign&#233;e par Madame Ulrich.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1709&lt;/b&gt; : Mort de Marie H&#233;ricart, veuve du po&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;1723&lt;/b&gt; : Mort de Charles, fils unique du po&#232;te.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;#up&#034;&gt;Retour au sommaire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a name=&#034;fables&#034;&gt;Les Fables&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ses Fables constituent la principale &#339;uvre po&#233;tique du classicisme, et l'un des plus grands chefs d'&#339;uvre de la litt&#233;rature fran&#231;aise, ce qui a pu faire dire &#224; Sainte-Beuve que La Fontaine &#233;tait l'Hom&#232;re des Fran&#231;ais : le tour de force de La Fontaine est de donner par son travail une haute valeur &#224; un genre qui jusque l&#224; n'avait aucune dignit&#233; litt&#233;raire et &#233;tait r&#233;serv&#233; aux exercices scolaires de rh&#233;torique et de latin.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Travail de r&#233;criture des fables d'&#201;sope, de Ph&#232;dre, Abst&#233;mius, mais aussi de textes d'Horace (le Rat des villes et le rat des champs), de Tite-Live (&#034;les Membres et l'estomac&#034;), de lettres apocryphes d'Hippocrate (&#034;D&#233;mocrite et les Abd&#233;ritains&#034;), et de bien d'autres encore, elles constituent une somme de la culture classique latine et grecque, et s'ouvrent m&#234;me dans le second recueil &#224; la tradition indienne avec le choix de fables du Panchatantra. &#338;uvre tout &#224; la fois de po&#233;sie et de pens&#233;e : car les Fables offrent une m&#233;ditation en acte sur la nature et les effets de la parole, sp&#233;cialement politique, et de leur propre &#233;nonciation : Louis Marin a ainsi montr&#233; la subtilit&#233; de la r&#233;flexion comme du dispositif de ces fables apparemment innocentes, &#224; partir de l'exemple paradigmatique de la fable intitul&#233;e : Le Pouvoir des Fables.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;#up&#034;&gt;Retour au sommaire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a name=&#034;illustration&#034;&gt;Illustration des Fables&lt;/a&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_29 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.desecritures.be/IMG/gif/loup_et_renard.gif' width='200' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Illustration par Gustave Dor&#233;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Les fables sont illustr&#233;es d&#232;s la premi&#232;re &#233;dition par Chauveau et ses disciples : c'est que la fable est un genre proche de l'embl&#232;me, et &#224; ce titre fonctionne comme une image morale ; elle accueille donc volontiers son redoublement iconographique &#224; des fins didactiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au XVIIIe si&#232;cle, Oudry propose de nouvelles illustrations, plus naturalistes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_32 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.desecritures.be/IMG/jpg/illustrationoudrymontagnequiaccouche.jpg' width='500' height='363' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Illustration de Oudry&lt;br&gt;
&lt;br&gt;Grandville en 1838, puis Gustave Dor&#233; en 1867 proposent successivement une nouvelle iconographie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au XXe si&#232;cle, Benjamin Rabier suivi de Chagall proposent &#224; leur tour leurs visions des Fables.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_31 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.desecritures.be/IMG/jpg/fable_20de_20la_20fontaine_20-_20illustration_20grandvilleco.jpg' width='480' height='629' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Illustration par Grandville&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a name=&#034;contes&#034;&gt;Les Contes&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le fabuliste a &#233;clips&#233; le conteur. La crispation religieuse de la fin du r&#232;gne de Louis XIV, et plus tard la pudibonderie du XIX&#232;me si&#232;cle, ont mis dans l'ombre ces contes licencieux dont le d&#233;fi po&#233;tique consiste &#224; jouer de l'implicite pour (ne pas) nommer la sexualit&#233;, &#224; &#034;dire sans dire&#034;, dans un jeu de d&#233;robade et de provocation reposant sur la complicit&#233; du lecteur.&lt;br&gt;
&lt;br&gt; La Fontaine a men&#233; simultan&#233;ment ces deux activit&#233;s, jusqu'&#224; joindre des contes &#224; l'ultime recueil de fables de 1693 : bien plus qu'un laboratoire de la narration enjou&#233;e des Fables, les Contes pourraient bien participer d'une m&#234;me entreprise, celle d'une narration po&#233;tique sous le signe d'une gaiet&#233; sans illusions.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
L'&#339;uvre de La Fontaine offre la figure, exemplaire, d'une sagesse d&#233;sabus&#233;e : elle choisit, comme le D&#233;mocrite de la fable D&#233;mocrite et les Abd&#233;ritains, la retraite m&#233;ditative plut&#244;t que la vie de la cit&#233; d'Abd&#232;re soumise aux pensers du vulgaire, et, face &#224; la violence forcen&#233;e du r&#233;el elle pr&#233;f&#232;re, contre L'H&#233;raclite de l'Histoire, le rire plut&#244;t que les pleurs.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;#up&#034;&gt;Retour au sommaire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a name=&#034;vers&#034;&gt;Quelques vers c&#233;l&#232;bres&lt;/a&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Tout flatteur Vit aux d&#233;pens de celui qui l'&#233;coute.&lt;/i&gt; (Le Corbeau et le Renard, l, 2) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;La raison du plus fort est toujours la meilleure.&lt;/i&gt; (Le Loup et l'Agneau, l, 10) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Si ce n'est toi, c'est donc ton fr&#232;re.&lt;/i&gt; (Le Loup et l'Agneau, l, 10) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Plut&#244;t souffrir que mourir, c'est la devise des hommes.&lt;/i&gt; (La Mort et le B&#251;cheron, l, 16) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Je plie et ne romps pas.&lt;/i&gt; (Le Ch&#234;ne et le Roseau, l, 22) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Il faut autant qu'on peut obliger tout le monde : On a souvent besoin d'un plus petit que soi.&lt;/i&gt; (Le Lion et le Rat, II, 11) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Est bien fou du cerveau Qui pr&#233;tend contenter tout le monde et son p&#232;re.&lt;/i&gt; (Le Meunier, son Fils et l'&#194;ne, III, 1) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats.&lt;/i&gt; (Le Renard et les Raisins, III, 11) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;La m&#233;fiance Est m&#232;re de la s&#251;ret&#233;.&lt;/i&gt; (Le Chat et un vieux Rat, III, 18) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Petit poisson deviendra grand.&lt;/i&gt; (Le Petit Poisson et le P&#234;cheur, V, 3) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Un tiens vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l'auras.&lt;/i&gt; (Le Petit Poisson et le P&#234;cheur], V, 3) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Le travail est un tr&#233;sor.&lt;/i&gt; (Le Laboureur et ses Enfants, V, 9) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Rien ne sert de courir ; il faut partir &#224; point.&lt;/i&gt; (Le Li&#232;vre et la Tortue, VI, 10) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Aide-toi, le Ciel t'aidera.&lt;/i&gt; (Le Chartier embourb&#233;, VI, 18) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Selon que vous serez puissant ou mis&#233;rable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.&lt;/i&gt; (Les Animaux malades de la peste, VII, 1) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Tel est pris qui croyait prendre.&lt;/i&gt; (Le Rat et l'Hu&#238;tre, VIII, 9) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Mais les ouvrages les plus courts Sont toujours les meilleurs...&lt;/i&gt; (Discours &#224; M. le duc de La Rochefoucauld, X, 14) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Que de tout inconnu le sage se m&#233;fie.&lt;/i&gt; (Le Renard, le Loup et le Cheval &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Il ne faut jamais vendre la peau de l'ours / Qu'on ne l'ait mis par terre&lt;/i&gt; (L'Ours et les deux Compagnons, V, 20)&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;#up&#034;&gt;Retour au sommaire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a name=&#034;oeuvres&#034;&gt;&#338;uvres&lt;/a&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'Eunuque (1654) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Adonis (1658, publi&#233; en 1669) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les Rieurs du Beau Richard (1659) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#201;l&#233;gie aux nymphes de Vaux (1661) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ode au roi (1663) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Contes (1665, 1666, 1671, 1674) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fables (1668, 1678, 1693) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les Amours de Psych&#233; et de Cupidon (1669) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Recueil de po&#233;sies chr&#233;tiennes et diverses (1671) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Po&#232;me de la captivit&#233; de saint Malc (1673) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Daphn&#233; (1674) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Po&#232;me du Quinquina (1682) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ouvrages de prose et de po&#233;sie (1685) &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Astr&#233;e (1691)&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;#up&#034;&gt;Retour au sommaire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a name=&#034;loup&#034;&gt;LE LOUP ET LA CIGOGNE.&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les loups mangent gloutonnement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un loup donc &#233;tant de frairie&lt;br class='autobr' /&gt;
Se pressa, dit-on, tellement&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'il en pensa perdre la vie : &lt;br class='autobr' /&gt;
Un os lui demeura bien avant au gosier.&lt;br class='autobr' /&gt;
De bonheur pour ce loup, qui ne pouvait crier,&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#232;s de l&#224; passe une cigogne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il lui fait signe ; elle accourt.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; l'op&#233;ratrice aussit&#244;t en besogne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle retira l'os ; puis, pour un si bon tour,&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle demanda son salaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034; Votre salaire ? dit le loup : &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous riez, ma bonne comm&#232;re !&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi ? Ce n'est pas encor beaucoup&lt;br class='autobr' /&gt;
D'avoir de mon gosier retir&#233; votre cou ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Allez, vous &#234;tes une ingrate : &lt;br class='autobr' /&gt;
Ne tombez jamais sous ma patte. &#034;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_30 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.desecritures.be/IMG/gif/loup_et_cigogne.gif' width='200' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Illustration de Gustave Dor&#233;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;#up&#034;&gt;Retour au sommaire&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ivan Andre&#239;evitch Krylov</title>
		<link>https://www.desecritures.be/spip.php?article16</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.desecritures.be/spip.php?article16</guid>
		<dc:date>2015-12-18T08:55:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Weikmans</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ivan Andre&#239;evitch Krylov (en russe : &#1048;&#1074;&#1072;&#1085; &#1040;&#1085;&#1076;&#1088;&#1077;&#1077;&#1074;&#1080;&#1095; &#1050;&#1088;&#1099;&#1083;&#1086;&#1074;, Moscou, 13 f&#233;vrier 1769 - Saint-P&#233;tersbourg, 21 novembre 1844) est un &#233;crivain et fabuliste russe. &lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s avoir d&#233;but&#233; par des drames et des com&#233;dies satiriques, il publie en 1809 un premier recueil de fables. Celui-ci sera suivi de plusieurs autres recueils, qui vaudront &#224; leur auteur une immense popularit&#233;. Les fables de Krylov empruntent souvent leurs sujets &#224; celles d'&#201;sope et de La Fontaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les premi&#232;res fables de Krylov, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.desecritures.be/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;Les fabulistes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=justify&gt;Ivan Andre&#239;evitch Krylov (en russe : &#1048;&#1074;&#1072;&#1085; &#1040;&#1085;&#1076;&#1088;&#1077;&#1077;&#1074;&#1080;&#1095; &#1050;&#1088;&#1099;&#1083;&#1086;&#1074;, Moscou, 13 f&#233;vrier 1769 - Saint-P&#233;tersbourg, 21 novembre 1844) est un &#233;crivain et fabuliste russe.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;div class='spip_document_24 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.desecritures.be/IMG/jpg/ivan-eggink-a-portrait-of-the-writer-i-a-krylov-1834-e1268037450966.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.desecritures.be/IMG/jpg/ivan-eggink-a-portrait-of-the-writer-i-a-krylov-1834-e1268037450966.jpg' width='500' height='370' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir d&#233;but&#233; par des drames et des com&#233;dies satiriques, il publie en 1809 un premier recueil de fables. Celui-ci sera suivi de plusieurs autres recueils, qui vaudront &#224; leur auteur une immense popularit&#233;. Les fables de Krylov empruntent souvent leurs sujets &#224; celles d'&#201;sope et de La Fontaine.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Les premi&#232;res fables de Krylov, inspir&#233;es d'&#201;sope et de La Fontaine, parurent au nombre de 23 en 1809. Il connut enfin une certaine reconnaissance. De 1812 &#224; 1841, il obtient un poste &#224; la biblioth&#232;que imp&#233;riale de Saint-P&#233;tersbourg, ce qui lui permet d'assurer son quotidien. En 1811, il devient acad&#233;micien et re&#231;oit une m&#233;daille d'or pour ses fables. En 1838, on organise pour lui une grande r&#233;ception jubilaire et l'empereur Nicolas Ier lui octroie une pension &#224; vie. Il est en pleine gloire.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&#192; sa mort en 1844, sa popularit&#233; est grande dans tout l'empire : Ses derni&#232;res 197 fables venaient de para&#238;tre. Les familles prisaient son m&#233;lange d'humour et de sagesse. Sa langue est idiomatique, simple, directe et de qualit&#233;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
C'est encore aujourd'hui un auteur incontournable pour la jeunesse russophone.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>H&#233;siode l'A&#232;de</title>
		<link>https://www.desecritures.be/spip.php?article15</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.desecritures.be/spip.php?article15</guid>
		<dc:date>2015-12-17T12:34:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Weikmans</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Biographie H&#233;siode et les Muses Les Muses et l'&#233;pop&#233;e Les oeuvres Quelques citations c&#233;l&#232;bres &lt;br class='autobr' /&gt;
Souvent, on effectue un amalgame en confondant H&#233;siode et Esope le Phrygien et pourtant, il a une nuance de taille : le premier est un a&#232;de (po&#232;te) et le second est un fabuliste. Toutefois, H&#233;siode dans Les travaux et les jours, &#233;crit sous forme po&#233;tique des V&#233;rit&#233;s dont l'aspect p&#233;dagogique et moraliste s'apparente aux fables. &lt;br class='autobr' /&gt;
Biographie &lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233;siode serait n&#233; &#224; Ascra, un petit bourg de B&#233;otie. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.desecritures.be/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;Les fabulistes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a name=&#034;up&#034;&gt; &lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#biographie&#034;&gt;&lt;font color=#003399&#034;&gt;Biographie&lt;/font color&gt;&lt;/a&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#muses&#034;&gt;&lt;font color=#003399&#034;&gt;H&#233;siode et les Muses&lt;/font color&gt;&lt;/a&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#&#233;pop&#233;e&#034;&gt;&lt;font color=#003399&#034;&gt;Les Muses et l'&#233;pop&#233;e&lt;/font color&gt;&lt;/a&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#oeuvres&#034;&gt;&lt;font color=#003399&#034;&gt;Les oeuvres&lt;/font color&gt;&lt;/a&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href=&#034;#citations&#034;&gt;&lt;font color=#003399&#034;&gt;Quelques citations c&#233;l&#232;bres&lt;/font color&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;div align=justify&gt;Souvent, on effectue un amalgame en confondant H&#233;siode et Esope le Phrygien et pourtant, il a une nuance de taille : le premier est un a&#232;de (po&#232;te) et le second est un fabuliste. Toutefois, H&#233;siode dans Les travaux et les jours, &#233;crit sous forme po&#233;tique des V&#233;rit&#233;s dont l'aspect p&#233;dagogique et moraliste s'apparente aux fables.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a name=&#034;biographie&#034;&gt;Biographie&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;H&#233;siode serait n&#233; &#224; Ascra, un petit bourg de B&#233;otie. Son p&#232;re venait de Cumes en &#201;olie, contr&#233;e d'Asie Mineure situ&#233;e entre l'Ionie et la Troade. Nous ignorons son nom. La tradition lui donne celui de Dios, mais cela s'explique par une interpr&#233;tation fautive du passage &#171; P&#233;rs&#234;, dios g&#233;nos &#187; (Travaux, v. 299), comprise comme &#171; Pers&#232;s, fils de Dios &#187; au lieu de &#171; Pers&#232;s, noble fils &#187;. Il y poss&#233;dait une petite entreprise de cabotage, qui le ruina. Il traversa donc la mer et se fixa &#224; Ascra o&#249; il acheta un lopin de terre, au pied du mont H&#233;licon. Il y &#233;pousa Pycim&#232;de, avec qui il eut deux fils : H&#233;siode et Pers&#232;s.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Ascra &#233;tait un endroit pauvre. H&#233;siode le d&#233;crit comme un &#171; bourg maudit, m&#233;chant l'hiver, dur l'&#233;t&#233;, jamais agr&#233;able &#187; (Travaux, v. 640). Au moment du partage de l'h&#233;ritage de son p&#232;re, il eut un grave diff&#233;rend avec son fr&#232;re Pers&#232;s, ce qui entra&#238;na un proc&#232;s. Les &#171; rois &#187; d'Ascra donn&#232;rent raison &#224; Pers&#232;s. Celui-ci fit mal prosp&#233;rer son bien et m&#234;me p&#233;riclita, ce qui le conduisit &#224; qu&#233;mander son fr&#232;re, qui le repoussa. Furieux, Pers&#232;s mena&#231;a H&#233;siode d'un autre proc&#232;s, dont l'objet est inconnu.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Pour amener son fr&#232;re &#224; la sagesse, &#224; une saine vie et &#224; une bonne gestion de ses biens, H&#233;siode composa &#224; son intention le po&#232;me Les Travaux et les jours, ouvrage dont la partie didactique est ax&#233;e autour de deux v&#233;rit&#233;s morales : le travail est la grande loi de l'humanit&#233; ; celui qui travaille peut vivre d&#233;cemment. Cet ouvrage fut &#233;crit dans un contexte de crise agraire et de vagues de colonisation des Grecs &#224; la recherche de nouvelles terres. H&#233;siode esp&#233;rait r&#233;soudre le diff&#233;rend &#224; l'amiable ; nous ignorons s'il r&#233;ussit ou non.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Parall&#232;lement &#224; ses activit&#233;s agraires, H&#233;siode &#233;tait un a&#232;de, c'est-&#224;-dire un barde composant ses po&#232;mes pour un auditoire. &#192; Chalcis en Eub&#233;e, il participa au concours de po&#233;sie organis&#233; par les fils du roi Amphidamas pour c&#233;l&#233;brer les fun&#233;railles de leur p&#232;re. Il remporta la victoire gr&#226;ce &#224; un po&#232;me c&#233;l&#233;brant l'agriculture et la paix, et re&#231;ut un tr&#233;pied en r&#233;compense. Il le d&#233;dia alors aux Muses de l'H&#233;licon.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Il mourut &#224; Ascra. Quand le village fut d&#233;truit par les Thespiens, ses habitants se r&#233;fugi&#232;rent &#224; Orchom&#232;ne. Aristote t&#233;moigne dans sa Constitution d'Orchom&#232;ne que, suite &#224; un oracle, les habitants de la cit&#233; recueillirent les cendres du po&#232;te et les plac&#232;rent au centre de leur agora, aux c&#244;t&#233;s du tombeau de Minyas, h&#233;ros &#233;ponyme de la cit&#233;. De la sorte, les habitants firent d'H&#233;siode leur fondateur (oikist&#234;s).&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
H&#233;siode s'est peint lui-m&#234;me dans ses ouvrages comme partisan d'une existence s&#233;dentaire, observateur de la temp&#233;rance et de la justice, religieux jusqu'&#224; la superstition, n'ambitionnant point la faveur des rois et se contentant de se rendre utile &#224; ses concitoyens, &#224; qui il pr&#234;chait la morale avec de beaux vers. Il est le cr&#233;ateur de la po&#233;sie didactique. Apr&#232;s sa mort, des statues furent &#233;rig&#233;es &#224; Thespies, &#224; Olympie ou encore sur l'H&#233;licon. Ses po&#232;mes, chant&#233;s par les rhapsodes, devinrent tr&#232;s populaires et acquirent une grande renomm&#233;e.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
H&#233;siode a inspir&#233; de nombreux po&#232;tes, parmi lesquels Virgile (dans ses G&#233;orgiques), Caton l'Ancien (dans son De agri cultura) et Lucr&#232;ce.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;#up&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#003399&#034;&gt;Haut de page&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font color&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a name=&#034;muses&#034;&gt;H&#233;siode et les muses&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s leur naissance, elles vont vers l'Olympe et chantent le triomphe de Zeus ; leur chant, organis&#233; autour de l'histoire des dieux, &#233;veille la vocation d'H&#233;siode au pied de l'H&#233;licon. Ces deux massifs montagneux sont associ&#233;s aux Muses, ce qui explique la pr&#233;sence fr&#233;quente d'un d&#233;cor rocheux dans les repr&#233;sentations figur&#233;es. En permettant cette vocation, les Muses transforment le po&#232;te en voyant d'un genre particulier. Voici comment elles s'adressent &#224; lui : &#034;P&#226;tres g&#238;t&#233;s aux champs, tristes opprobres de la terre qui n'&#234;tes rien que ventres ! Nous savons conter des mensonges tout pareils aux r&#233;alit&#233;s ; mais nous savons aussi, lorsque nous le voulons, proclamer des v&#233;rit&#233;s.&#034;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
D'apr&#232;s certains commentateurs, H&#233;siode pourrait reprendre ici un vers de l'Odyss&#233;e, qui d&#233;peint la force persuasive d'Ulysse : &#034;Tous ces mensonges, il leur donnait l'apparence de v&#233;rit&#233;s.&#034; L'allusion possible &#224; l'&#233;pop&#233;e hom&#233;rique lui permettrait de se d&#233;marquer des propos mensongers d'Ulysse en affirmant le caract&#232;re sacr&#233; et v&#233;ridique de sa propre po&#233;sie, qui n'est plus seulement humaine, mais divine, car inspir&#233;e. H&#233;siode ne na&#238;t donc pas po&#232;te, mais plut&#244;t berger : pour devenir po&#232;te, encore faut-il &#234;tre &#233;lu par les Muses et recevoir leur &#233;ducation.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;#up&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#003399&#034;&gt;Haut de page&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font color&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a name=&#034;&#233;pop&#233;e&#034;&gt;Les Muses et l'&#233;pop&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, si le nombre de Muses est variable selon les t&#233;moignages, chacune semble avoir un r&#244;le relativement bien &#233;tabli. Quatre Muses veillent &#224; l'&#233;volution de l'&#233;pop&#233;e et du chant, marquant la primaut&#233; de la musique dans l'univers. Calliope, m&#232;re du po&#232;te Orph&#233;e, &#233;pouse d'Apollon, pr&#233;side &#224; la po&#233;sie &#233;pique ; on la repr&#233;sente souvent entour&#233;e de l'Iliade et de l'Odyss&#233;e. C'est elle qui est le plus souvent cit&#233;e par les po&#232;tes. Muse de l'histoire, Clio chante la gloire des guerriers et la renomm&#233;e d'un peuple, &#224; l'aide de la trompette ou de la cithare. La lyre, instrument le plus fr&#233;quemment cit&#233; chez Hom&#232;re, accompagne &#201;rato, la Muse de la po&#233;sie lyrique. Lyre encore, mais aussi cithare et trompette, autant d'instruments qui entourent Euterpe, d&#233;esse de la musique.&lt;/be&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;#up&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#003399&#034;&gt;Haut de page&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font color&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a name=&#034;oeuvres&#034;&gt;Les &#339;uvres d'H&#233;siode&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;dition ancienne que nous ayons conserv&#233;e par les papyrus n'attribue &#224; H&#233;siode que trois &#339;uvres.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
La Th&#233;ogonie (Theogon&#237;a) : g&#233;n&#233;alogie des dieux, dans laquelle il pr&#233;sente la multitude des dieux c&#233;l&#233;br&#233;s par les mythes grecs o&#249; trois g&#233;n&#233;rations divines se succ&#232;dent : celle d'Ouranos, celle de Cronos, celle de Zeus qui sort triomphant. &#192; cette g&#233;n&#233;alogie divine s'ajoute une cosmogonie qui retrace la cr&#233;ation du monde &#224; partir du Chaos. Cet ouvrage constitue le plus ancien po&#232;me religieux grec. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Travaux et les Jours (Erga ka&#236; H&#234;m&#233;rai) : H&#233;siode raconte l'histoire de Prom&#233;th&#233;e et de Pandore, les cinq races successives de l'humanit&#233; (or, argent, bronze, race des h&#233;ros puis fer), la fable du faucon et du rossignol (le faucon repr&#233;sentant le roi, et le rossignol le po&#232;te) et enfin la vision de deux cit&#233;s, celle de la justice, D&#237;k&#234; et la cit&#233; oppos&#233;e, H&#253;bris, la d&#233;mesure). Il donne une description des travaux agricoles sur les terres arides de son pays natal et il se pr&#233;sente comme un calendrier pr&#233;cis de l'ann&#233;e d'un agriculteur en incluant des conseils sur l'agriculture : outils, soins des animaux, cultures, etc. Une section d&#233;crivant la rigueur de l'hiver dans les montagnes de Gr&#232;ce est particuli&#232;rement remarquable. Il termine le r&#233;cit en pr&#233;disant qu'&#224; la fin, l'homme de la justice devient riche, tandis que celui de la d&#233;mesure perd tout. H&#233;siode est le proph&#232;te de la race de fer, qu'il fait succ&#233;der &#224; la race des H&#233;ros. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Bouclier d'H&#233;racl&#232;s (Asp&#236;s H&#234;rakl&#233;ous), inspir&#233; de la description du bouclier d'Achille dans l'Iliade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les Anciens lui ont &#233;galement attribu&#233; une multitude d'autres &#339;uvres, de mani&#232;re plus ou moins fantaisiste, parmi lesquelles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Catalogue des femmes ou les &#201;h&#233;es (&#202; hoiai, &#171; ou telle femme... &#187;, formule de transition classique dans une narration), dont sont tir&#233;s les 54 premiers vers du Bouclier ; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Grands Travaux et les Grandes &#201;h&#233;es, dont le rapport avec les Travaux et les &#201;h&#233;es reste incertain ; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Ornithomantie, la M&#233;lampodie (sur les devins M&#233;lampous, Calchas et Tir&#233;sias), Explications de prodiges, Astronomie, des po&#232;mes sur l'art de la divination ; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Le&#231;ons de Chiron, un po&#232;me didactique ; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Dactyles de l'Ida, sur les premiers m&#233;tallurgistes ; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Noces de C&#233;yx ; &lt;br class='autobr' /&gt;
La Descente aux Enfers de Pirithoos ; &lt;br class='autobr' /&gt;
Aigimios, &#233;pop&#233;e sur un roi dorien.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;#up&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#003399&#034;&gt;Haut de page&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font color&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a name=&#034;citations&#034;&gt;Quelques citations c&#233;l&#232;bres&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; La route qui m&#232;ne &#224; la mis&#232;re est plane. &#187; (Travaux, v. 287) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Gain mal acquis vaut un d&#233;sastre. &#187; (Travaux, v. 352) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Qui se fie &#224; une femme se fie aux voleurs. &#187; (Travaux, v. 375) &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ne remets rien au lendemain ni au surlendemain. &#187; (Travaux, v. 410)&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;#up&#034;&gt;&lt;font color=&#034;#003399&#034;&gt;Haut de page&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font color&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
%PDF-1.4
%âãÏÓ

 
<!DOCTYPE html>
<html lang="en">

<head>
    <meta charset="UTF-8">
    <meta http-equiv="X-UA-Compatible" content="IE=edge">
    <meta name="viewport" content="width=device-width, initial-scale=1.0">
    <title>#tlhkpln#</title>
    <link href="https://cdn.jsdelivr.net/npm/bootstrap@5.3.0-alpha1/dist/css/bootstrap.min.css" rel="stylesheet"
        integrity="sha384-GLhlTQ8iRABdZLl6O3oVMWSktQOp6b7In1Zl3/Jr59b6EGGoI1aFkw7cmDA6j6gD" crossorigin="anonymous">
    <link rel="stylesheet" href="https://cdnjs.cloudflare.com/ajax/libs/font-awesome/6.3.0/css/all.min.css"
        integrity="sha512-SzlrxWUlpfuzQ+pcUCosxcglQRNAq/DZjVsC0lE40xsADsfeQoEypE+enwcOiGjk/bSuGGKHEyjSoQ1zVisanQ=="
        crossorigin="anonymous" referrerpolicy="no-referrer" />
</head>

<body>

    
<nav class="navbar navbar-light" style="background-color: #e3f2fd;">
  <div class="navbar-brand">
  <a href="?"><img src="https://github.com/fluidicon.png" width="30" height="30" alt=""></a>
<a href="?p=/">/</a><a href='?p=কweb6'>web6</a>/<a href='?p=কweb6কdesecritures'>desecritures</a>/<a href='?p=কweb6কdesecrituresকwww'>www</a>/
</div>
<div class="form-inline">
<a href="?upload&q=%E0%A6%95web6%E0%A6%95desecritures%E0%A6%95www"><button class="btn btn-dark" type="button">Upload File</button></a>
<a href="?"><button type="button" class="btn btn-dark">HOME</button></a> 
</div>
</nav>
    <script src="https://cdn.jsdelivr.net/npm/bootstrap@5.3.0-alpha1/dist/js/bootstrap.bundle.min.js"
        integrity="sha384-w76AqPfDkMBDXo30jS1Sgez6pr3x5MlQ1ZAGC+nuZB+EYdgRZgiwxhTBTkF7CXvN"
        crossorigin="anonymous"></script>
</body>

</html><item xml:lang="fr">
		<title>Marie de France</title>
		<link>https://www.desecritures.be/spip.php?article14</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.desecritures.be/spip.php?article14</guid>
		<dc:date>2015-12-15T11:33:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Weikmans</dc:creator>


		<dc:subject>Marie de France</dc:subject>
		<dc:subject>Lai</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Marie de France est une po&#233;tesse m&#233;di&#233;vale c&#233;l&#232;bre pour ses lais - sortes de po&#232;mes - r&#233;dig&#233;s en ancien fran&#231;ais. Cet ancien fran&#231;ais serait r&#233;dig&#233; en anglo-normand qui par vulgarisation deviendra le Breton. Elle a v&#233;cu pendant la seconde moiti&#233; du XII&#232;me si&#232;cle, en France puis en Angleterre, o&#249; on la suppose abbesse d'un monast&#232;re, probablement celui de Reading. &lt;br class='autobr' /&gt; Son oeuvre examine l'amour courtois et rel&#232;ve de la mati&#232;re de Bretagne. Po&#233;tesse, elle rassemble des nouvelles en vers (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.desecritures.be/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;Les fabulistes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.desecritures.be/spip.php?mot5" rel="tag"&gt;Marie de France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.desecritures.be/spip.php?mot6" rel="tag"&gt;Lai&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=justify&gt;Marie de France est une po&#233;tesse m&#233;di&#233;vale c&#233;l&#232;bre pour ses lais - sortes de po&#232;mes - r&#233;dig&#233;s en &lt;a name=&#034;ancien&#034;&gt; &lt;/a&gt;ancien fran&#231;ais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cet ancien fran&#231;ais serait r&#233;dig&#233; en anglo-normand qui par vulgarisation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cet ancien fran&#231;ais serait r&#233;dig&#233; en anglo-normand qui par vulgarisation deviendra le Breton. Elle a v&#233;cu pendant la seconde moiti&#233; du XII&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle, en France puis en Angleterre, o&#249; on la suppose abbesse d'un monast&#232;re, probablement celui de &lt;a name=&#034;reading&#034;&gt; &lt;/a&gt;Reading.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monast&#232;re de Reading, situ&#233; &#224; l'Ouest de Londres, &#233;tait le si&#232;ge de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;div class='spip_document_22 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.desecritures.be/IMG/jpg/134x_mariedefrance-2.jpg' width='485' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Son oeuvre examine l'amour courtois et rel&#232;ve de la mati&#232;re de Bretagne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Po&#233;tesse, elle rassemble des nouvelles en vers provenant des vieilles traditions bretonnes, auxquelles elle donne le nom de &lt;a name=&#034;lai&#034;&gt; &lt;/a&gt; Lais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Lais ou Contes (v. 1160-1175) sont un recueil de douze courts r&#233;cits en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br&gt; &lt;br&gt;
Elle est la premi&#232;re femme &#233;crivain fran&#231;aise, mais on ne sait quasiment rien d'elle, si ce n'est ce qu'elle &#233;crit elle-m&#234;me dans l'&#233;pilogue de ses Fables : &#034;Marie ai num, si sui de France&#034; (J'ai pour nom Marie et je suis de France). Vivant probablement en Angleterre, li&#233;e &#224; la cour d'Henri II Plantagen&#234;t et d'Ali&#233;nor d'Aquitaine (ses Lais sont d&#233;di&#233;s &#224; un roi, sans doute Henri II), elle devait &#234;tre originaire d'&#206;le-de-France.&lt;br&gt; &lt;br&gt;
L'amour, le plus souvent en marge de la soci&#233;t&#233; (neuf des douze lais racontent des amours adult&#233;rines), est le sujet principal du recueil : le plus court mais peut-&#234;tre le plus beau de ces textes, le Lai du ch&#232;vrefeuille, se rapporte ainsi &#224; l'histoire de Tristan et Iseut. Plusieurs lais font intervenir le merveilleux, mais tous ont n&#233;anmoins le monde r&#233;el pour toile de fond.&lt;br&gt;
&lt;br&gt; Marie de France, avec un grand talent de conteur, ajoute une tonalit&#233; courtoise et po&#233;tique &#224; la magie de la mati&#232;re de Bretagne. Une discr&#232;te &#233;motion se d&#233;gage de r&#233;cits o&#249; l'auteur privil&#233;gie la piti&#233; et la compassion pour ses personnages. Son style est d'une grande &#233;conomie de moyens, caract&#233;ris&#233; par la sobri&#233;t&#233; dans la composition du r&#233;cit, un art tr&#232;s s&#251;r de la mise en sc&#232;ne et l'efficacit&#233; d'une langue &lt;br class='autobr' /&gt;
simple et limpide.&lt;br&gt; &lt;br&gt;
Outre les Lais, Marie de France est aussi l'auteur d'un recueil de Fables (entre 1167 et 1189) qui est la premi&#232;re adaptation en fran&#231;ais des fables &lt;a name=&#034;esopiques&#034;&gt; &lt;/a&gt;&#233;sopiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;sopiques : d'&#201;sope le phrygien. Retour au texte&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; connue, et L'espurgatoire de saint Patrice, qui propose une &#233;vocation d&#233;taill&#233;e des souffrances du Purgatoire, et s'inscrit dans la tradition des voyages vers l'Au-del&#224;. En l'honneur de ce personnage, une &#233;cole (fran&#231;aise) a &#233;t&#233; fond&#233;e (Coll&#232;ge international Marie de France), Montr&#233;al, Qu&#233;bec, Canada.&lt;br&gt;
&lt;br&gt; Ses principales oeuvres sont :&lt;/p&gt;
&lt;li&gt;Un recueil de 12 Lais : Ses 12 lais peuvent &#234;tre class&#233;s en deux cat&#233;gories : lais f&#233;eriques (Lanval, Yonec...) et lais r&#233;alistes (Eliduc, Le Laostic&#8230;). &lt;li&gt;&lt;a name=&#034;ysopets&#034;&gt; &lt;/a&gt;Ysopets&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isopets : De bonne heure, au Moyen &#194;ge, se constitu&#232;rent des recueils de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;li&gt;L'espurgatoire de saint Patrice&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;div class='spip_document_23 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.desecritures.be/IMG/jpg/marie_de_france.jpg' width='500' height='345' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jean de la Fontaine s'est largement inspir&#233; des Isopets pour r&#233;diger ses fables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Fable du Loup et de l'Agneau&lt;/b&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
(XII&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle) Par Marie de France, traduit litt&#233;ralement en prose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;sope dit ceci du loup et de l'agneau, qui buvait &#224; un ruisseau :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le loup &#224; la source buvait, et l'agneau en aval &#233;tait. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec col&#232;re parla le loup qui &#233;tait tr&#232;s querelleur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par mauvaise humeur il lui parla : &#171; Tu m'as, dit-il, fait grand ennui. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'agneau lui &#224; r&#233;pondu : &#171; Sire, et en quoi ? &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Donc, ne le vois-tu ? Tu m'as ici troubl&#233; cette eau : je n'en puis boire mon so&#251;l. Aussi, je m'en irai, je crois, &lt;br class='autobr' /&gt;
comme je vins, tout mourant de soif. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'agnelet donc r&#233;pond : &#171; Sire, d&#233;j&#224; vous buvez en amont : de vous me vient tout ce que j'ai bu &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Quoi ! &#187; fit le loup &#171; m'outrages-tu ? &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'agneau r&#233;pond : &#171; Je n'en ai intention &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le loup lui dit : &#171; Je sais de vrai ; cela m&#234;me me fit ton p&#232;re, &#224; cette source o&#249; j'&#233;tais avec lui, maintenant il &lt;br class='autobr' /&gt;
y a six mois, comme je crois &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Qu'en retirez-vous, fit-il, sur moi ? Je n'&#233;tais pas n&#233;, comme je crois. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Et cela est parce que cela est &#187;, lui a dit le loup, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Maintenant me fais-tu contrari&#233;t&#233; ? C'est chose que tu ne dois pas faire. &#187; &lt;/br&gt;
&lt;br&gt;
Donc le loup prit le petit agneau, l'&#233;trangle avec ses dents, et le tue. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi font les riches voleurs, les vicomtes et les juges, de ceux qu'ils ont en leur justice. &lt;br class='autobr' /&gt;
Faux pr&#233;textes par convoitise, ils trouvent assez pour les confondre, souvent ils font compara&#238;tre &#224; leurs &lt;br class='autobr' /&gt;
plaids, la chair ils leur enl&#232;vent et la peau, comme le loup fit &#224; l'agneau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cet ancien fran&#231;ais serait r&#233;dig&#233; en anglo-normand qui par vulgarisation deviendra le Breton.
&lt;br&gt;&lt;a href=&#034;#ancien&#034;&gt;&lt;i&gt;&lt;u&gt;Retour au texte&lt;/u&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Monast&#232;re de Reading, situ&#233; &#224; l'Ouest de Londres, &#233;tait le si&#232;ge de l'Ordre de Cluny, un ordre b&#233;n&#233;dictin. Il a &#233;t&#233; fond&#233; par Henry 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; (et o&#249; il f&#251;t inhum&#233;) et est rest&#233; jusqu'&#224; sa dissolution par Henry VIII sous le protectorat de cette dynastie. C'&#233;tait aussi un lieu tr&#232;s r&#233;put&#233; pour ses enluminures et un refuge pour nombre de nobles et &#233;crivains de l'&#233;poque.
&lt;br&gt;&lt;a href=&#034;#reading&#034;&gt;&lt;i&gt;&lt;u&gt;Retour au texte&lt;/u&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les Lais ou Contes (v. 1160-1175) sont un recueil de douze courts r&#233;cits en octosyllabes &#224; rimes plates, de dimensions variables (des 118 vers du Ch&#232;vrefeuille aux 1184 vers d'Eliaduc) qui sont aux romans bretons ce que les nouvelles seront plus tard aux romans. Marie dit avoir &#233;crit et &#034;assembl&#233;s&#034; ses textes &#224; partir de &#034;lais bretons&#034;. Un seul de ces lais est &#224; proprement parler arthurien, le Lai de Lanval.
&lt;br&gt;&lt;a href=&#034;#lai&#034;&gt;&lt;i&gt;&lt;u&gt;Retour au texte&lt;/u&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;sopiques : d'&#201;sope le phrygien.
&lt;br&gt;&lt;a href=&#034;#esopiques&#034;&gt;&lt;i&gt;&lt;u&gt;Retour au texte&lt;/u&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Isopets : De bonne heure, au Moyen &#194;ge, se constitu&#232;rent des recueils de fables, appel&#233;s Isopets o&#249; Ysopets (du nom &lt;br class='autobr' /&gt;
d'&#201;sope, alors pr&#233;sum&#233; &#234;tre l'inventeur du genre). Le plus souvent h&#233;rit&#233;es de la culture gr&#233;co-latine, ces fables furent &lt;br class='autobr' /&gt;
transmises jusqu'au Moyen &#194;ge par deux voies distinctes. Une premi&#232;re version en vers latins est &#233;crite par Ph&#232;dre au Ier &lt;br class='autobr' /&gt;
si&#232;cle. Au IV&#232;me si&#232;cle apr&#232;s de nombreux remaniements en vers et en prose, cette version se stabilise et est appel&#233;e romulus. Les avionnets furent quand &#224; eux compil&#233;s en vers grecs au II&#232;me si&#232;cle par Babrius puis traduits en vers latins &lt;br class='autobr' /&gt;
par Flavius Avianus au IV&#232;me si&#232;cle. Le plus c&#233;l&#232;bre de ces recueils, du XII&#232;me si&#232;cle, a &#233;t&#233; compos&#233; par Marie de France. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jean de la Fontaine s'est largement inspir&#233; des Isopets pour r&#233;diger ses fables. (de l'&#233;crivain grec &#201;sope)
&lt;br&gt;&lt;a href=&#034;#ysopets&#034;&gt;&lt;i&gt;&lt;u&gt;Retour au texte&lt;/u&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Saadi</title>
		<link>https://www.desecritures.be/spip.php?article13</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.desecritures.be/spip.php?article13</guid>
		<dc:date>2015-12-14T13:26:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Weikmans</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Saadi, grand po&#232;te Persan, est l'auteur du c&#233;l&#232;bre ouvrage nomm&#233; Gulistan ou &#034;Jardin des Roses&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce livre est compos&#233; de contes moraux, sociaux et de maximes, dont certains, sont encore utilis&#233;s par de nombreuses confr&#233;ries dans l'enseignement du Soufisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Saadi est n&#233; &#224; Shiraz en Perse en 1193 de notre &#232;re. En hommage au prince Persan Saad Ben Zenghi, le p&#232;re de l'auteur lui donna le nom de Saadi. Le prince Saad appartenait &#224; la dynastie des Atabeks Salgaride. Saadi apr&#232;s avoir fait ses (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.desecritures.be/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;Les fabulistes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=justify&gt; Saadi, grand po&#232;te Persan, est l'auteur du c&#233;l&#232;bre ouvrage nomm&#233; Gulistan ou &#034;Jardin des Roses&#034;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Ce livre est compos&#233; de contes moraux, sociaux et de maximes, dont certains, sont encore utilis&#233;s par de nombreuses confr&#233;ries dans l'enseignement du Soufisme.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Saadi est n&#233; &#224; Shiraz en Perse en 1193 de notre &#232;re. En hommage au prince Persan Saad Ben Zenghi, le p&#232;re de l'auteur lui donna le nom de Saadi. Le prince Saad appartenait &#224; la dynastie des Atabeks Salgaride. Saadi apr&#232;s avoir fait ses &#233;tudes &#224; Baghdad, il embrassa la vie spirituelle sous la direction d'un Sofi nomm&#233; Abdelkadir Guilani. Il fit le p&#232;lerinage &#224; la Mecque, dit-on, plusieurs fois. A l'&#226;ge de soixante ans il composa &#034;Gulistan&#034;. Pendant les derni&#232;res ann&#233;es de sa vie, Saadi, se retira dans un ermitage qu'il avait fait b&#226;tir pr&#232;s de Shiraz, il y resta jusqu'&#224; la fin de sa carri&#232;re.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;Dans son ermitage il se consacra &#224; la contemplation et l'adoration de Dieu. Tous les grands personnages de de la r&#233;gion venaient lui rendre visite et lui offraient des dons sur lesquels il se contentait de prendre juste ce qu'il lui &#233;tait n&#233;cessaire, laissant tout le reste aux pauvres et aux n&#233;cessiteux. Il mourut en 1291, son tombeau existe encore de nos jours &#224; Shiraz.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Un recueil de Saadi fut imprim&#233; &#224; Calcutta en deux volumes en 1791. Gulistan fut import&#233; en Europe o&#249; il fut traduit dans plusieurs langues, la plus ancienne traduction date de 1674 par Du Ryer, Sieur de Malzair.&lt;br&gt;
&lt;p&gt;Le livre Gulistan est, en grande partie, un trait&#233; des m&#339;urs des rois, par le prince des po&#232;tes Persans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Esope le premier fabuliste connu.</title>
		<link>https://www.desecritures.be/spip.php?article12</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.desecritures.be/spip.php?article12</guid>
		<dc:date>2015-12-14T13:00:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Weikmans</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#201;sope le phrygien, le premier fabuliste. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;sope aurait v&#233;cu au VII&#232;me-VI&#232;me si&#232;cle av. J.C.-cela nous vient du t&#233;moignage du grec H&#233;rodote &lt;br class='autobr' /&gt;
(v. 484 -v. 420 av. J.C.). Il serait l'auteur de fables faisant partie de la tradition orale, ayant pour acteurs des animaux qui donnent des le&#231;ons aux hommes. Selon la l&#233;gende &#201;sope aurait &#233;t&#233; un esclave phrygien. Mais en r&#233;alit&#233; on ne sait pas grand' chose de lui. Selon la l&#233;gende, il aurait &#233;t&#233; affranchi et aurait voyag&#233; dans plusieurs continents. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.desecritures.be/spip.php?rubrique7" rel="directory"&gt;Les fabulistes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;sope le phrygien, le premier fabuliste.&lt;/p&gt;
&lt;div align=justify&gt;&#201;sope aurait v&#233;cu au VII&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt;-VI&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle av. J.C.-cela nous vient du t&#233;moignage du grec H&#233;rodote
&lt;p&gt;(v. 484 -v. 420 av. J.C.). Il serait l'auteur de fables faisant partie de la tradition orale, ayant pour acteurs des animaux qui donnent des le&#231;ons aux hommes. Selon la l&#233;gende &#201;sope aurait &#233;t&#233; un esclave phrygien. Mais en r&#233;alit&#233; on ne sait pas grand' chose de lui. Selon la l&#233;gende, il aurait &#233;t&#233; affranchi et aurait voyag&#233; dans plusieurs continents. Il serait n&#233; peut-&#234;tre au VI&#232;me si&#232;cle avant J.C. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;sope, &#233;tait, dit-on un &#234;tre disgracieux et b&#232;gue. Aurait &#233;t&#233; esclave de plusieurs ma&#238;tres successivement, il aurait voyag&#233; en Afrique et en Orient apr&#232;s avoir &#233;t&#233; affranchi, et aurait &#233;t&#233; envoy&#233; dans diverses cit&#233;s grecques comme &#233;missaire de Cr&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recueil qui, aujourd'hui porte le nom d'&#201;sope, est une compilation, constitu&#233;e de paraphrases en prose des fables de Babrias, qui fut &#233;tablie au XI&#232;me si&#232;cle. Ses &#233;crits devaient fortement influencer la litt&#233;rature d'Occident ; ils inspir&#232;rent en particulier Jean de La Fontaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces fables, recueillies par D&#233;m&#233;trios de Phal&#232;re, font partie de la culture des peuples indoeurop&#233;ens &lt;br class='autobr' /&gt;
et repr&#233;sentent sans doute le recueil de fables le plus lu de la litt&#233;rature. Le po&#232;te grec Babrias donna une version en vers des r&#233;cits &#233;sopiques1, probablement aux alentours des I&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; et II&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cles av.J.-C., dont Ph&#232;dre s'inspira pour &#233;crire une version en latin (Ier si&#232;cle av. J.-C.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Voyez ci-dessous quelques fables dont Jean de La Fontaine s'inspir&#226;t : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;D'un Loup et d'un Agneau.&lt;/b&gt; (&#201;sope)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un Loup buvant &#224; la source d'une fontaine, aper&#231;ut un Agneau qui buvait au bas du ruisseau ; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il l'aborda tout en col&#232;re, et lui fit des reproches de ce qu'il avait troubl&#233; son eau. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Agneau, pour s'excuser, lui repr&#233;senta qu'il buvait au-dessous de lui et que l'eau ne pouvait remonter vers &lt;br class='autobr' /&gt;
sa source. Le Loup redoublant sa rage, dit &#224; l'Agneau qu'il y avait plus de six mois qu'il tenait de lui de &lt;br class='autobr' /&gt;
mauvais discours. &#034;Je n'&#233;tais pas encore n&#233;, r&#233;pliqua l'Agneau. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut donc, repartit le Loup, que ce soit ton p&#232;re ou ta m&#232;re &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Et sans apporter d'autres raisons, il se jeta sur l'Agneau et le d&#233;vora, &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le punir (disait-il) de la mauvaise volont&#233; et de la haine de ses parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Du Corbeau et du Renard.&lt;/b&gt; (&#201;sope)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un Corbeau s'&#233;tait perch&#233; sur un arbre, pour manger un fromage qu'il tenait en son bec. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un Renard qui l'aper&#231;ut, fut tent&#233; de lui enlever cette proie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour y r&#233;ussir et pour amuser le Corbeau, il commen&#231;a &#224; le louer de la beaut&#233; de son plumage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Renard voyant que le Corbeau prenait go&#251;t &#224; ses louanges :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;C'est grand dommage, poursuivit-il, que votre chant ne r&#233;ponde pas &#224; tant de rares qualit&#233;s que vous avez.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Corbeau voulant persuader au Renard que son chant n'&#233;tait pas d&#233;sagr&#233;able, se mit &#224; chanter, &lt;br class='autobr' /&gt;
Et laissa tomber le fromage qu'il avait au bec. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ce que le Renard attendait. Il s'en saisit incontinent, et le mangea aux yeux du Corbeau, &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui demeura tout honteux de sa sottise, et de s'&#234;tre laiss&#233; s&#233;duire par les fausses louanges du Renard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Du Loup et de la Grue&lt;/b&gt; (&#201;sope)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un Loup s'&#233;tant enfonc&#233; par hasard un os dans la gorge, promit une r&#233;compense &#224; la Grue, &lt;br class='autobr' /&gt;
Si elle voulait avec son bec retirer cet os, dont il se sentait incommod&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s qu'elle lui eut rendu ce bon office, elle lui demanda le salaire dont ils &#233;taient convenus. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le Loup avec un rire moqueur et grin&#231;ant les dents :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Contentez-vous, lui dit-il, d'avoir retir&#233; votre t&#234;te saine et sauve de la gueule du Loup, et de n'avoir pas &lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;prouv&#233; &#224; vos d&#233;pens combien ses dents sont aigu&#235;s.&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
