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Pythagore et la philosophie Italique
Il amena la géométrie à la perfection mais il a aussi été l’instigateur de règles pratiques de vie.
mardi 30 juillet 2024, par
Origines
Formation
Puis il revint à Samos, et trouvant sa patrie gouvernée par le tyran Polycrate, il fit voile vers Crotone, en Italie ; et là, il donna des lois aux Italiotes, ce qui lui valu une grande estime, tout comme à ses disciples qui, au nombre de trois cents environ, administraient au mieux les affaires de la cité : de la sorte, le régime était à peu près un gouvernement des meilleurs.
Les écrits
Et les ouvrages écrits par Pythagore sont au nombre de trois :
Sur l’éducation,
Sur la politique,
Sur la nature.
Préceptes pratiques
Et aussi lorsqu’une fois on lui avait demandé quand il fallait avoir des relations sexuelles, il répondit : Chaque fois que tu veux te rendre plus faible.
Il divise ainsi la vie de l’homme : Enfant vingt ans, tout jeune homme vingt ans, jeune homme vingt ans, vieillard vingt ans. Et les âges sont dans la correspondance suivante avec les saisons : enfant – printemps, tout jeune homme – été, jeune homme – automne, vieillard – hiver.
Pour lui, le tout jeune homme est l’adolescent, et le jeune homme, l’homme mûr.
Les découvertes : géométrie, alimentation, etc.
Il est le premier, dit-on, à avoir entraîné les athlètes en leur donnant de la viande, tandis qu’auparavant ils pratiquaient les exercices physiques en prenant des figues sèches et des fromages frais, ainsi que des aliments de blé. Mais d’autres disent que c’était un maître de gymnase du nom de Pythagore qui faisait s’alimenter de cette façon, et non lui. Car lui interdisait même de tuer, sans parler de se nourrir des animaux, pour entraîner et habituer les hommes à une vie simple, de telle sorte qu’en mangeant des aliments qui ne nécessitaient pas de cuisson, et en buvant de l’eau pure leurs nourritures fussent aisées à trouver. De là résultent en effet la santé du corps et la vivacité de l’âme. Et bien sûr le seul autel qu’il honorait était à Délos, celui d’Apollon Père, qui se trouve derrière l’autel aux Cormes, parce que l’on n’y déposait seulement des offrandes de blé, d’orge, et des galettes, sans faire usage du feu, et aucune victime sacrificielle, comme le dit Aristote dans sa Constitution de Délos.
Le premier, dit-on, il a déclaré que l’âme parcourant le cercle de la nécessité tantôt se lie à un animal, tantôt à un autre ; le premier aussi il a introduit chez les Grecs des mesures et des poids, comme le dit Aristote le musicien ; et le premier il a dit que l’étoile du soir et l’étoile du matin étaient la même, ainsi que le dit Parménide.
Règles pratiques suivies par Pythagore.
Les règles pratiques prescrites
On raconte qu’il prescrivait à ses disciples, chaque fois qu’ils entraient chez eux, de dire la chose suivante :
Où ai-je commis une faute ? Qu’ai-je fait ? Que n’ai-je pas accompli qui aurait dû l’être ?
Il interdisait de présenter des sacrifices sanglants aux dieux, et permettait d’honorer seulement l’autel non sanglant ; et il disait de ne pas jurer par les dieux, car il faut s’entraîner à se montrer soi-même digne de foi. Il disait qu’il fallait respecter les plus âgés, en estimant que ce qui dans les temps est antérieur a plus de valeur ; de même dans le monde le lever a plus de valeur que le coucher, dans notre existence le début plus que la fin, et dans la vie la naissance plus que la destruction.
Il disait qu’il faut honorer les dieux avant les démons, les héros avant les hommes, et parmi les hommes surtout les parents ; qu’il faut entretenir les relations mutuelles en sorte que des amis l’on ne fasse pas des ennemis, mais que l’on transforme les ennemis en amis ; ne rien tenir pour sa propriété ; venir en aide à la loi, faire la guerre à l’illégalité. Ne pas détruire ni endommager la plante cultivée, non plus que l’animal qui ne cause aucun dommage aux hommes. Il disait que la retenue et la circonspection consistent à ne pas s’abandonner au rire ni au chagrin. Qu’il faut éviter l’excès d’aliments carnés ; dans le voyage, alterner le repos et l’effort ; exercer sa mémoire ; ne rien dire ni faire s-quand on est en colère ; respecter toute forme de divination ; chanter en s’accompagnant de la lyre, at par l’hymne rendre grâce, en les célébrant, aux dieux et aux hommes de bien. Il prescrivait de s’abstenir de fèves, parce que en raison de leur nature venteuse elles participent au plus haut point du souffle de l’âme ; et qu’en outre, si on n’en a pas pris, on laisse son estomac plus au calme. Et grâce à cela, on rend aussi plus douces et dénuées de trouble les images oniriques.
La mort de Pythagore
Cela étant, Pythagore, suivant ce que rapporte Héraclide le fils de Sarapion, est mort à l’âge de quatre-vingts ans, conformément à la description qu’il a lui-même faite des âges de la vie, tandis que suivant plusieurs autres auteurs il est mort à l’âge de quatre-vingt-dix ans.
Épigrammes
Tu n’es pas le seul à ne pas lever la main sur des êtres animés, nous aussi nous nous abstenons de le faire. Qui en effet a jamais goûté à des êtres animés, Pythagore ? En effet, quand nous avons fait cuire un mets, que nous l’avons fait griller et que nous l’avons fait macérer dans le sel, alors ce que nous mangeons n’a plus d’âme.
Une autre :
Ainsi donc, Pythagore était sage, au point qu’il ne voulait pas goûter à la viande et disait que c’était un acte injuste. Mais il laissait les autres en manger. J’admire ce sage. Il ne faut pas, dit le maître, commettre l’injustice, mais les autres il les laisse faire.
Une autre encore :
Si tu veux avoir une idée de l’esprit de Pythagore ; jette un coup d’œil sur la bosse du bouclier d’Euphorbe. En effet elle dit : « J’étais un homme auparavant. » Celui qui dit que, quand il ne l’était pas, il était un tel, celui-là n’était personne quand il l’était.
Et une autre sur la façon dont il est mort :
Hélas, pourquoi Pythagore a-t-il porté une telle vénération aux fèves ? Pourquoi est-il mort au milieu de ses disciples ? Il y avait un champ de fèves. Pour éviter de piétiner les fèves, il fut tué par les gens d’Agrigente à un carrefour.
[1]
Cependant la critique moderne a rejeté cette classification. Il y a trop de différences entre l’école de Pythagore et celle d’Elée pour qu’on puisse les désigner du même nom. Si, comme on l’a fait quelquefois, on veut opposer sous le nom d’école italique une prétendue tradition philosophique dorienne à une tradition philosophique ionienne, on commet une erreur. Pythagore est d’origine ionienne, Empédocle, qu’on range alors parmi les Eléates, s’il est né dans une colonie dorienne, parle la langue ionienne. Une confusion plus grave est celle que l’on a souvent commise en considérant l’école italique comme représentant l’idéalisme, tandis que l’école ionienne correspondrait au réalisme. Au vrai, les deux écoles sont également réalistes : toutes deux veulent expliquer le monde physique par des principes au fond matériels.
[2] On peut penser qu’il s’agit du roi d’Egypte dont parle Hérodote, qui fit construire notamment le lac Moéris, et les pyramides en son centre.